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Scan 266
Biographie universelle des musiciens et bibliographie génèrale de la musique, 1860
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1ques grands ouvrages. Les embarras d'une maison de banque de Londres, où il avait placé une partie de son avoir, lui donnèrent ensuite des inquiétudes sur sa fortune ; mais il parait que ces affaires s'arrangèrent, et que ses pertes furent peu importantes. En 1830 il fit représenter son opéra de la Fiancée du brigand, en trois actes, qui fut accueilli avec faveur dans plusieurs villes de l'Allemagne, notamment à Berlin. L'année précédente il avait fixé son séjour à Francfort. En 1831 il fit un voyage en Angleterre pour faire représenter à Londres son nouvel opéra féerie, intitulé Liska, ou la Sorcière de Gellenstein, et pour diriger les festivals de Dublin. De retour en Allemagne à l'automne de la même année, il y resta un an, puis entreprit avec sa famille un voyage en Italie, visita Milan, Venise, Florence, Rome, Naples, et enfin retourna à Francfort, où il reprit ses travaux. Chargé de la direction de la fête musicale d'Aix-la-Chapelle, en 1834, il s'établit dans cette ville, au mois de février. Je l'y vis pour la première fois au mois de mai, quoique nous fussions en correspondance depuis près de dix ans, et je trouvai en lui un homme aimable, modeste et d'un esprit solide. A l'occasion de cette fête, la ville d'Aix-la-Chapelle lui offrit la place de directeur de l'orchestre et de l'académie de chant : bien qu'indépendant par sa fortune, il l'accepta, dans le but unique de travailler au développement du goût et de la culture de l'art dans une ville éloignée du centre d'activité de l'Allemagne. Cependant la gêne attachée à de semblables fonctions le décida à s'en démettre en 1838, et il se rendit à Paris, puis à Londres, où il écrivit son oratorio de l'Adoration des Rois, destiné à la fête musicale d'Aix-la-Chapelle, en 1837. Se rendant en cette ville pour y préparer l'exécution de son ouvrage, il passa par Bruxelles, vint me voir et me fit entendre son oratorio avec l'amour qu'un artiste accorde toujours à ses dernières productions. Il avait de la gaieté, se portait bien, et rien ne semblait annoncer sa fin prochaine. Après le festival d'Aix-la-Chapelle, il retourna à Francfort, et se chargea de la direction de la Société de Sainte-Cécile, fondée par Schelb ; mais à peine avait-il pris possession de cet emploi, qu'il mourut, le 13 janvier 1838, à l'âge de cinquante et un ans.
3Ries doit être rangé dans la classe des artistes les plus distingués de son temps. S'il n'eut pas comme pianiste un mécanisme irréprochable, il fut un des premiers qui donnèrent à cet instrument une grande puissance d'effet par des traits harmoniques de formes nouvelles, et par un fréquent usage alternatif de la pédale qui lève les étouffoirs. Dans ses compositions, son style est évidemment, sinon une imitation, au moins une émanation de celui de Beethoven, particulièrement dans ses premiers ouvrages. Vers la fin de sa vie, Ries fit des efforts pour donner à ses œuvres un caractère d'individualité, sans doute à cause des critiques qui avaient attaqué l'analogie de son style avec celui de son maître. Ses premières symphonies ont un peu de sécheresse ; mais dans les autres il y a de l'éclat et de la chaleur. Il y a de fort belles choses d'un grand style dans son oratorio de l'Adoration des Rois. Sa musique de théâtre a le défaut de manquer de facilité et de charme dans la mélodie, défaut assez ordinaire chez les compositeurs qui ont écrit beaucoup d'œuvres instrumentales. Dans la liste des ouvrages les plus importants de Ries, on remarque ceux-ci : 1° Symphonies à grand orchestre, n° 1, op. 23 ; n° 2, op. 80 ; n° 3, op. 90, Bonn, Simrock ; n° 4. op. 110 ; n° 5, op. 112, Leipsick, Breitkopf et Härtel ; n° 6, op. 148, Leipsick, Peters. — 2° Ouverture à grand orchestre pour Don Carlos, de Schiller, op. 94 ; Bonn, Simrock. — 3° Idem de la Fiancée du Brigand, op. 158 ; Leipsick, Peters. — 4° Idem de la Fiancée de Messine, par Schiller, op. 162 ; Bonn, Simrock. — 5° Idem de Liska, op. 164 ; ibid. — 6° Grande ouverture et marche triomphale, op. 172 ; Mayence, Schott. — 7° Quintettes pour 2 violons, 2 altos et violoncelle, n° 1, op. 37, Hambourg, Böehme ; n° 2, op. 68, Leipsick, Peters ; n° 3 pour flûte, violon, 2 altos et violoncelle, op. 107, ibid. ; n° 4, op. 167, Mayence, Schott ; n° 5, op. 171, Leipsick, Breitkopf et Härtel ; n° 6 (Souvenir d'Italie), pour 2 violons, alto et 2 violoncelles, op. 183, Bonn, Monpour. — 8° Quatuors pour 2 violons, alto et basse, op. 70 ; Leipsick, Peters. — 9° Trois idem, op. 126 ; ibid. — 10° Trois idem, op. 145 ; Bonn, Simrock. — 11° Trois idem, op. 150 ; ibid. — 12° Deux idem, op. 166 ; Francfort, Dunst. — 13° Concertos de piano, n° 1, op. 24, Hambourg, Böehme ; n° 2, op. 42, Leipsick, Peters ; n° 3, op. 55, Bonn, Simrock ; n° 4, op. 115, Leipsick, Peters ; n° 5 (pastoral), op. 120, Vienne, Leidendorf ; 6me idem, op. 123, ibid. ; 7me idem (les Adieux de Londres), op. 132, Leipsick, Peters ; 8me idem (Salut au Rhin), op. 181, Bonn, Simrock ; 9me idem, op. 177, Leipsick, Kistner. — 14° Grand septuor pour piano, violon, violoncelle, clarinette, 2 cors et contrebasse, op. 25, Bonn, Simrock. — 15° Quintette pour piano, violon, alto, violoncelle et contrebasse, op. 76 ; Leipsick, Peters. — 16° Grand sextuor pour piano, 2 violons, alto, violoncelle et contrebasse, op. 100 ; Bonn, Simrock. — 17° Sextuor pour piano,
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