Bow & Bridge Violin and bow makers, as the old books printed them

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Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique / 6, 1866

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1BEER — BEETHOVEN
3donna un concert le 28 mars de cette année, et y obtint le plus brillant succès. Il partit ensuite pour la Hongrie, revint à Prague en 1792, pour le couronnement de l'empereur François II, et y excita l'enthousiasme dans les concerts qu'il donna à cette occasion. Appelé à Berlin peu de temps après, en qualité de maître des concerts du roi de Prusse, il y resta jusqu'en 1808, où il voulut revoir la capitale de la Bohême. L'année d'après il retourna à Berlin, où il est mort en 1811. Parvenu au plus haut degré du talent, Beer n'a commencé à se faire connaître qu'à un âge où les artistes jouissent habituellement de toute leur renommée; mais la sienne ne tarda point alors à se répandre dans toute l'Europe. Il n'avait point eu de modèle, car avant lui l'art de jouer de la clarinette était en quelque sorte dans son enfance, et l'on peut dire que ce fut lui qui créa cet instrument, dont il sut corriger les imperfections à force d'habileté. Ce fut lui qui y ajouta la cinquième clef; car la clarinette n'en avait auparavant que quatre. Ayant reçu des leçons de cet instrument à Paris, il eut d'abord le son qu'on peut appeler français, dont la qualité est puissante et volumineuse, mais auquel on peut reprocher de la dureté. Il communiqua ce son à son élève Michel Yost, connu particulièrement sous le nom de Michel, et considéré comme le chef de l'école française des clarinettistes. C'est ce même son qui, propagé par Xavier Lefebvre, élève de Michel, dans le Conservatoire de Paris, a prévalu parmi les artistes français. Beer, passant en Belgique pour se rendre en Hollande, eut occasion d'entendre à Bruxelles Schwartz, maître de musique du régiment de Kaunitz; c'était la première fois que la douceur du son allemand frappait son oreille; il en fut charmé, et sa résolution fut prise à l'instant de travailler à la réforme de son talent sous ce rapport. En moins de six mois d'études, il parvint à joindre à son admirable netteté dans l'exécution des difficultés, et à son beau style dans le phrasé d'expression, la moelleuse qualité de son qui n'est pas un de ses moindres titres de gloire, et qu'il a transmise à son élève Baermann. Beer jouissait du rare avantage de régler sa respiration avec tant de facilité, qu'aucune marque extérieure de fatigue ne paraissait sur sa figure pendant qu'il exécutait, soit par l'ensuère des joues, soit par la rougir du teint. Enfin, tant de qualités composaient l'ensemble de son talent, qu'il est permis d'affirmer qu'il fut en son genre un des artistes les plus remarquables qu'ait produits l'Allemagne. On connaît peu de morceaux de sa composition; Breitkopf et Haertel n'ont publié de lui qu'un concerto pour la clarinette en si : on trouvait chez Naderman à Paris, six duos pour deux clarinettes qui portent son nom. Un air avec sept variations écrites par lui est aussi dans les mains de quelques artistes en Allemagne. one of two readings
4donna un concert le 28 mars de cette année, et y obtint le plus brillant succès. Il partit ensuite pour la Hongrie, revint à Prague en 1792, pour le couronnement de l'empereur François II, et y excita l'enthousiasme dans les concerts qu'il donna à cette occasion. Appelé à Berlin peu de temps après, en qualité de maître des concerts du roi de Prusse, il y resta jusqu'en 1808, où il voulut revoir la capitale de la Bohême. L'année d'après il retourna à Berlin, où il est mort en 1811. Parvenu au plus haut degré du talent, Beer n'a commencé à se faire connaître qu'à un âge où les artistes jouissent habituellement de toute leur renommée; mais la sienne ne tarda point alors à se répandre dans toute l'Europe. Il n'avait point eu de modèle, car avant lui l'art de jouer de la clarinette était en quelque sorte dans son enfance, et l'on peut dire que ce fut lui qui créa cet instrument, dont il sut corriger les imperfections à force d'habileté. Ce fut lui qui y ajouta la cinquième clef; car la clarinette n'en avait auparavant que quatre. Ayant reçu des leçons de cet instrument à Paris, il eut d'abord le son qu'on peut appeler français, dont la qualité est puissante et volumineuse, mais auquel on peut reprocher de la dureté. Il communiqua ce son à son élève Michel Yost, connu particulièrement sous le nom de Michel, et considéré comme le chef de l'école française des clarinettistes. C'est ce même son qui, propagé par Xavier Lefebvre, élève de Michel, dans le Conservatoire de Paris, a prévalu parmi les artistes français. Beer, passant en Belgique pour se rendre en Hollande, eut occasion d'entendre à Bruxelles Schwartz, maître de musique du régiment de Kaunitz; c'était la première fois que la douceur du son allemand frappait son oreille; il en fut charmé, et sa résolution fut prise à l'instant de travailler à la réforme de son talent sous ce rapport. En moins de six mois d'études, il parvint à joindre à son admirable netteté dans l'exécution des difficultés, et à son beau style dans le phrasé d'expression, la moelleuse qualité de son qui n'est pas un de ses moindres titres de gloire, et qu'il a transmise à son élève Baermann. Beer jouissait du rare avantage de régler sa respiration avec tant de facilité, qu'aucune marque extérieure de fatigue ne paraissait sur sa figure pendant qu'il exécutait, soit par l'ensuère des joues, soit par la rougisse du teint. Enfin, tant de qualités composaient l'ensemble de son talent, qu'il est permis d'affirmer qu'il fut en son genre un des artistes les plus remarquables qu'ait produits l'Allemagne. On connaît peu de morceaux de sa composition; Breitkopf et Haertel n'ont publié de lui qu'un concerto pour la clarinette en si : on trouvait chez Naderman à Paris, six duos pour deux clarinettes qui portent son nom. Un air avec sept variations écrites par lui est aussi dans les mains de quelques artistes en Allemagne. one of two readings
6BEER. Voy. BERR.
8BEER (GIACOMO MEYER). Voy. MEYER-BEER.
10BEERALTHER (ALOYS), virtuose sur la clarinette et sur le cor de basset, naquit en 1800 au village de Merckingen, près de Neresheim, dans le royaume de Wurtemberg. Fils d'un musicien de village, il fut envoyé à l'âge de douze ans chez Sauerbrey, musicien de ville à Neresheim. En 1815 il se rendit à Tubinge, chez le musicien de ville Hetsch, qui lui apprit à jouer de plusieurs instruments, et lui donna une connaissance élémentaire de tous les autres. Il acquit de l'habileté sur le violoncelle, le trombone, la flûte et surtout sur la clarinette et le cor de basset. En 1819 il entra comme flûtiste dans la chapelle du prince de Latour et Taxis. Deux ans après il accepta une place de tromboniste dans le 3me régiment d'infanterie du royaume de Wurtemberg, et fut admis comme violoncelliste dans la chapelle royale. Ce fut alors qu'il commença à se faire connaître par son talent sur la clarinette et le cor de basset (sorte d'alto de la clarinette). En 1828 il abandonna tous les autres instruments pour ne plus s'occuper que de ceux-là, et la place de première clarinette lui fut donnée dans la chapelle royale de Stuttgart. Il ne quitta plus cette ville et y mourut le 21 mars 1852. Beeralthner avait composé pour son usage des concertos et d'autres ouvrages qui sont restés en manuscrit.
12BEETHOVEN (LOUIS VAN), illustre compositeur du dix-neuvième siècle, fut un de ces hommes rares dont le nom est le signe caractéristique de toute une époque d'art ou de science; sorte de phénomène dont la nature est avare, et qui n'apparaît que de loin en loin. De tels hommes ne se font pas toujours connaître pour ce qu'ils sont dès leurs premiers pas, comme l'imaginent les gens à préjugés; leur force d'invention ne se manifeste pas dès leurs premiers essais, et ce n'est pas pour eux, comme on le croit communément, une condition nécessaire de leur génie que de se faire pressentir au berceau. Le génie est fantasque parce qu'il est le génie: son allure n'est point uniforme; tantôt il se révèle d'une manière, tantôt d'une autre. Parfois il se montre tout d'abord plein d'audace et de fougue; ailleurs on le voit se développer lentement, ou même languir longtemps comme engourdi par la paresse. Chez Mozart, faible enfant bégayant à peine, il avait fait une irruption violente; il paraît au contraire que chez Beethoven,

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