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Scan 237

L'art du luthier, 1903

14 lines. Read by computer on 29 September 2026. Printed page 214. See the scan on archive.org.

1de marteau sur la cale après chaque tour de vis, ce qui déterminera le sable à s’étendre et à faire adhérer la table au moule par la diffusion du serrage. Le sable ainsi aura bientôt pris une consistance suffisante et, au bout de vingt-quatre heures, la voûte aura reconquis sa forme primitive. Il n’est pas nécessaire de beaucoup serrer. L’excès de serrage anéantirait tout en écrasant les fibres du bois d’autant plus facilement qu’elles ont été préalablement gonflées par l’imbibition (1).
3On recollera bien d’affleurement toutes les fractures centrales, et cela les unes après les autres, en les laissant suffisamment sècher. Toute précipitation serait nuisible et trop entreprendre à la fois serait compromettre le résultat.
5Pour le serrage latéral de toutes ces fractures, on fera des petits serre-joints légers en peuplier, de 5 millimètres environ d’épaisseur, ayant la forme indiquée dans la figure 36. Si les cassures se trouvent à la hauteur des \( ff \), on pourra, pour serrer plus facilement, boucher partiellement ces dernières avec quelques fragments de liège. Ces serre-joints seront modifiés, quant à leur forme, suivant la nécessité et ajustés le mieux possible pour qu’ils tiennent bien à leur place. Quelques petits coins de bois tendre et savonnés, interposés judicieusement entre le serre-joint et la table, aideront encore à tout rétablir. C’est donc, une fois de plus, à l’ingéniosité et à la patience du violonier qu’il faut faire appel.
7LE DOUBLAGE
9Avant de décrire la manière de doubler les diverses parties d’un instrument, je crois nécessaire d’indiquer les différentes espèces de doublages. La première, qui est la plus simple, consiste à renforcer les parties plates (bords, talon, etc.), faibles et usées, par du bois neuf et de même espèce que l’on colle en contre-parement. La seconde consiste à doubler à bois forcé (2) les parties curvées (poitrine et flancs) des tables et des fonds, qui ont été maltraités par l’usure ou d’autres causes, avec
11(1) Lorsqu’on opère sur un fond d’érable qu’on revoute ou qu’on double, on est moins limité dans la pression, parce que ce bois est plus ferme et plus résistant que le sapin.
13(2) On appelle pièce à bois forcé une pièce prise suivant le fil droit du bois sans se préoccuper de la concavité de la partie de l’instrument sur laquelle elle s’appliquera et qu’on y fera adhérer en la forçant, soit avec une contre-partie, soit avec un sac de sable chaud. La pièce prise dans la masse est au contraire une pièce ajustée suivant la forme exacte de la place qu’elle devra occuper et dont elle formera une véritable contre-partie.

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