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Scan 208
La lutherie et les luthiers, 1889
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1Le plus célèbre d'entre eux fut Jacob Stainer, qui, on peut l'affirmer, représente à lui seul la gloire de l'ancienne lutherie allemande. Mattias Klotz, le meilleur élève de Stainer, cherche à l'imiter de 1675 à 1696, mais l'industriel commence à prendre la place de l'artiste, et, à partir de cette époque, il y a une décadence complète dans la lutherie tyrolienne.
3Les trois fils de Mattias Klotz, Georges, Sébastien et Égide, continuent les errements de leur père, et pratiquent une contrefaçon en règle, qui inonde le commerce de faux stainers : lutherie de pacotille, aux voûtes bombées, au vernis à l'alcool, devenu presque noir, sans aucune qualité de sonorité, et dont on rencontre encore de nombreux spécimens chez tous les marchands d'instruments de l'Europe, baptisés du nom de Stainer ou de Klotz.
5Le Tyrol ne fut pas le seul pays à imiter Stainer, l'Allemagne proprement dite se lança aussi dans cette voie : Statellmann, à Vienne, au commencement du xviiiie siècle, Riess, à Bamberg, vers 1750, Léopold Witthalm à Nürnberg en 1770, et quantité d'autres luthiers allemands d'un ordre inférieur, ne firent que des imitations, dans lesquelles ils mettaient plus ou moins naïvement la marque de Stainer. Heureusement pour l'art de la lutherie dans ce pays, d'autres hommes prirent pour base de leurs travaux des principes plus solides, et ce fut aux anciens Italiens qu'ils eurent recours pour arriver à une réforme nécessaire. Ch. L. Bachmann à Berlin, dans le courant du xviiiie siècle, fut un des premiers à se distinguer dans cette réforme; ses violons et ses violoncelles sont encore recherchés
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