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Scan 448
La lutherie et les luthiers, 1889
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1et aujourd'hui ses archets, devenus de plus en plus rares, se payent des prix très élevés. Mais pour les archets comme pour les instruments, il faut être prudent et bien s'y connaître; car on a autant abusé de son nom que de celui des grands luthiers italiens, et nous voyons quelquefois payer très cher des archets dits de Tourte, qui ne sont jamais sortis de ses mains.
3Nous devons ajouter que rien n'est plus difficile que de reconnaître le vrai du faux. Les faiseurs d'archets de l'époque, Eury, Lafleur, Lupot, et plus tard Peccate, étaient habiles; ils avaient pris Tourte pour modèle, et ils ont quelquefois réussi à reproduire si bien tous les détails de sa main-d'œuvre, qu'aujourd'hui, le temps ayant donné au bois cette teinte de vieillesse inimitable, l'erreur est souvent possible. Les seuls indices certains se rencontrent dans la perfection des contours, ce qu'on appelle en terme de métier le filage de la baguette, dans la cambrure et dans l'extrême habileté de main qui a donné à la tête ce cachet si difficile à imiter, même par les meilleurs ouvriers. Il faut être absolument du métier pour ne pas s'y méprendre.
5Un bel archet de violon de Tourte, sans ornement, se paye facilement de 200 à 500 francs; ceux pour le violoncelle atteignent des prix beaucoup plus élevés: à la vente après décès d'un collectionneur bien connu, M. Bonjour, qui eut lieu à Paris, le 5 février 1887 à l'Hôtel des ventes, rue Drouot, un archet de violoncelle de François Tourte (le n° 11) fut adjugé à un luthier de Londres, M. Hill, pour la somme relativement énorme de 1,100 francs.
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