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Scan 230
La lutherie lorraine et française depuis ses origines jusqu'à nos jours d'après les archives locales, 1912
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1céda sa maison de Nancy, en 1853, à son fils unique et élève, Pierre-Charles, né en cette ville, le 10 mars 1828, 19, rue de la Poissonnerie. Il s’établit à Paris, en 1853, d’abord, rue des Vieux-Augustins, n° 34, jusqu’en 1857; ensuite ouvrit un magasin au n° 48 de la rue de l’Échiquier, où les plus grands artistes, tels que Maurin, Sivori, Jacquart et de nombreux connaisseurs se donnèrent bientôt rendez-vous. Les récompenses aux expositions ne lui manquèrent pas, car, dès 1855, à Paris, il obtenait la première médaille d’argent, et dans ses dernières années, à Bayonne, le président du jury, le directeur et fondateur du Musée instrumental du Conservatoire de Paris, le célèbre Clapisson, lui décernait une médaille d’or avec éloge.
3Nous mentionnerons l’appréciation donnée sur lui par des auteurs, tels que Vidal, Grillet et autres, qui écrivaient que « Charles Jacquot était un de nos excellents luthiers, aussi distingué dans la facture des instruments neufs que dans la connaissance des anciens et que les récompenses qu’il obtint aux diverses expositions sont une preuve de sa capacité bien reconnue », et plus loin (I) : « Les produits de Charles Jacquot, comme ceux de tous nos luthiers de premier ordre, sont infiniment supérieurs à certains vieux instruments italiens, que les amateurs et certains artistes préfèrent à tous autres, sans trop se rendre compte des motifs de leur préférence. »
5Charles Jacquot construisit de superbes quatuors, dont l’un fut acquis par don Sébastien d’Espagne, et qui, actuellement, sont très recherchés. Il s’inspira des plus beaux modèles de Stradivarius et de Guarnerius, dont les originaux furent confiés à ses mains habiles pour des réparations délicates. Sa lutherie, qui ne fut pas considérable par la quantité, ainsi qu’il advient lorsque le maître fait entièrement ses instruments, est très estimée. Ses patientes recherches sur les vernis des anciens maîtres italiens furent couronnées de succès, tant par la beauté et la transparence que par la qualité qu’il donne à la résonance. Il créa, comme J.-B. Vuillaume (dont il avait épousé la parente), des modèles d’après Duiffopruggar et Magini, d’une facture remarquable, présentant actuellement l’aspect des anciens instruments, surtout depuis que le temps a mis sa patine sur le vernis.
7Charles Jacquot, malgré ses succès, resta toujours de modeste ambition; il transféra son atelier au n° 42 de la même rue de l’Échiquier, où son talent attirait toujours les musiciens. Dans les deux der-
9(1) Vidal, Les Feseurs d’instruments, chap. VII, p. 226.
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