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Scan 233
La lutherie lorraine et française depuis ses origines jusqu'à nos jours d'après les archives locales, 1912
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1ami, le peintre Sellier; il choisit la carrière de la lutherie, de préférence à celle de la peinture, mais le talent qu’il possédait comme dessinateur devait l’aider considérablement dans le perfectionnement de la forme et de la coloration des œuvres d’instruments de musique qui sortirent bientôt de ses mains.
3En effet, les beaux spécimens de violons, d’altos et de violoncelles qu’il construisit portent un cachet d’élégance, de coupe nette et gracieuse, de transparence et de finesse de coloris, qui, joints à l’étude patiente des épaisseurs donnant une sonorité pénétrante, constituent ainsi un caractère qui lui est bien personnel. De plus, Pierre-Charles était doué de prédispositions musicales remarquables.
5Ces qualités furent pour lui la source de succès qui s’imposèrent auprès des artistes, des connaisseurs et des membres les plus éminents des jurys d’expositions françaises et étrangères.
7C’est en 1853 que son père, Charles, qui fondait sa maison à Paris, lui céda celle de Nancy, certain qu’il laissait le vieil atelier familial de Lorraine dans des mains entre lesquelles il ne pouvait décroître.
9Le succès ne se fit pas attendre; à l’Exposition de Metz, en 1861, le président, M. le comte Durutte, et son jury décernèrent un premier prix à Pierre-Charles Jacquot et, d’un bond, il franchissait les échelons des récompenses, en obtenant l’année suivante, la suprême distinction, la Prize Medal, à l’Exposition internationale de Londres (1862). Classé désormais, pour la lutherie, au même rang que les Érard et les Pleyel pour la facture des pianos, il pouvait se dispenser de prendre part aux tournois pacifiques des expositions diverses.
11Cependant, les perfectionnements et les soins qu’il donnait à ses travaux l’obligèrent en quelque sorte à les présenter surtout aux regards des musiciens aux grandes expositions françaises et étrangères, non point dans le but unique d’obtenir des récompenses, mais pour soumettre aux artistes les résultats acquis.
13C’est ainsi que ses œuvres furent récompensées à Paris en 1867, 1878 et 1889; enfin, pour sa belle exposition de Moscou en 1891, le gouvernement français, voulant, sur les propositions du maître Charles Gounod et du regretté président Carnot, couronner dignement sa carrière, lui conféra, en 1892, la distinction suprême, la croix de la Légion d’honneur.
15Plusieurs de ses instruments, faits en collaboration avec son fils Albert, furent acquis par le Conservatoire impérial de Moscou, sans compter ceux que se disputaient des maîtres violonistes, français et
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