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Scan 106
Le musee du Conservatoire national de musique : catalogue descriptif et raisonne, 1884
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1et, en 1716, il soumit à l’approbation de l’Académie des sciences quatre clavecins à maillets. Cinq années auparavant, en 1711, Bartolomeo Cristofori avait exposé à Florence un clavecin où les sautereaux étaient remplacés par des marteaux, et, en 1717, Schröeter construisit un clavecin dont le mécanisme permettait aussi de jouer piano ou forte, à la volonté de l’exécutant. Cet essai de Schröeter fut perfectionné plus tard par Godefroid Silbermann (1683-1753) qui contribua puissamment à répandre le piano en Allemagne.
3Mais les inventions ingénieuses de Cristofori, Marius et Schröeter et la fortune naissante du piano-forté ne firent qu’exciter les faiseurs de clavecins à chercher les moyens de velouter et de varier le son de cet instrument. Déjà Richard, vers 1620, avait eu l’idée de remplacer les becs de plume de corbeau par de petites bandes de drap, et, à la même époque, Farini avait substitué des cordes de boyau aux cordes métalliques. Au dix-huitième siècle, on essaya surtout de varier les nuances en augmentant les rangs des sautereaux : à l’aide de pédales ou de boutons que pressait le genou du claveciniste, on les mettait en communication avec des ressorts qui les écartaient des cordes ou qui les en rapprochaient, de façon à produire des sonorités différentes. On imitait ainsi le son de la harpe, du luth, de la mandoline, du basson, du hautbois, du violon et d’autres instruments ; quand le son obtenu par ce procédé ne rappelait le timbre d’aucun instrument connu, on le désignait par une appellation nouvelle : jeu céleste, clavecin angélique, etc.
5Parmi les facteurs français qui se distinguèrent alors, nous citerons : Cuisinié, inventeur du clavecin-vielle (1708) ; Thévenard, de Bordeaux ; Bellot, Levoir, Welterman, Berger, Virebeze ; et, au-dessus d’eux, Blanchet, qui sut donner tant de légèreté à ses claviers ; Pascal Taskin, son élève et fort habile successeur ; Péronard qui, en même
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