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Scan 108
Les ancêtres du violon et du violoncelle: les luthiers et les fabricants d'archets, vol. 1, 1901
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1Présents en tous lieux, les ménestrels chantaient les exploits guerriers, les miracles, les aventures d’amour, les plaisirs de la vie et de la société ou les charmes de la solitude et du cloître. Ils figuraient dans les processions¹, on les rencontrait mêlés à des bandes de pèlerins ou accompagnant une troupe de croisés partant pour la Terre Sainte². On les récompensait par des dons en argent, en chevaux, en habits et en fourrures. Les seigneurs quittaient souvent leur robe pour la donner au ménestrier qui les avait amusés, et celui-ci se faisait un honneur de la porter dans les grandes occasions, pour inviter celui qui l’écoutait à ne pas être moins généreux que les autres³.
3Les ménétriers rapportaient dans leurs compositions les traits de magnificence dont ils avaient été témoins, ou bien ils en attribuaient aux héros dont ils chantaient les exploits :
5Anchois i ot joie moult grant
6Que sont li petit et li grant.
7Cil jongléour de plusieurs terres⁴
8Cantent et sonent lor vièles,
9Muses, harpes et orcanons
10Timpanes et salterions
121. Un antique cérémonial d’une église de Toulouse parle de pêcheurs piscatores, qui avaient amené des ménestrels dans une fête célébrée en l’honneur de la Sainte-Croix. (Voyez Du Fresne, Gloss., vo Rex Ministellorum.) Le concile de Nyon de l’an 1334 défendit les processions faites par les jongleurs.
132. Saint Louis était accompagné, aux Croisades, par des chanteurs et des trouvères. Lorsqu’il s’embarqua le 25 août 1248 à Aiguesmortes : « Quand les clercs et les trouvères furent entrés dans la nef, dit Joinville, le maître hautonnier crie : Chantez, de par Dieu ! et ils entonnèrent tous à une voix : Veni creator spiritus. » Plus tard, lorsqu’il se rendit en pèlerinage à Nazareth : « Il fit, dit Nangis, chanter la messe et solennellement glorieuses vespres et matines, et tout le service à chant et à déchant, à ogre et à treble (avec orgue et instruments à cordes). »
143. Au xv° siècle, l’usage de se dépouiller et de donner son habit subsistait encore : « La royne estant accouchée d’ung filz, le 4 février 1435, li roy (Charles VII) despêcha le hyrault, qui avoit nom Constance, pour en mander la nouvelle au duc de Bourgogne : de laquelle nouvelle icelui duc temoigna d’estre fort joyeux, et bailla au dict hyrault cent riders d’or et la belle robe brodée dont il étoit vestu. » Jehan Chartier, Grandes chroniques de France.
154. Il y a sans doute une faute du copiste dans le manuscrit, car deux vers ne riment pas ensemble.
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