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Scan 166
Les ancêtres du violon et du violoncelle: les luthiers et les fabricants d'archets, vol. 1, 1901
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1Un manuscrit du xiv° siècle, portant le numéro 171 de la bibliothèque de Gand, contient un petit traité d'instruments à cordes dans lequel se voit le dessin d'une rote du même type que celle de la verrière de Troyes. L'auteur ne donne pas de nom à cet instrument, dont il attribue l'invention à un certain Albinus. Il y a de très grandes échancrures ; les deux ouïes, en forme de croissant, sont tout au bas de la table de chaque côté du cordier ; on n'y voit pas de chevalet, mais l'accord des quatre cordes est indiqué par les lettres : A, la ; D, ré ; G, sol ; C, ut. Le haut de la caisse se prolongeant jusqu'au cheviller, le manche est si court que la main devait le tenir avec beaucoup de peine. L'archet qui est placé tout à côté n'offre rien de particulier.
3On vient de voir des rotes montées de trois et de quatre cordes, mais le nombre de celles-ci a dû en être très variable et atteindre souvent cinq ou six, comme sur l'ancien crouth.
5Ne quittons pas la rote sans faire remarquer que c'est seulement vers la fin du xiii° siècle ou au début du xiv° que la vièle commence à avoir sa table d'harmonie cintrée sur les côtés, tandis que la rote a déjà au xii° siècle la forme qui fut plus tard adoptée. Elle occupe donc, par suite de ce fait, une place des plus importantes dans l'histoire des instruments à archet.
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