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Scan 172
Les ancêtres du violon et du violoncelle: les luthiers et les fabricants d'archets, vol. 1, 1901
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1dépassaissent celles de la vièle, attendu qu’avec la disposition de cet accord, si elle montait moins dans l’aigu, elle ne descendait pas non plus autant dans le grave que cette dernière. De sorte que, par suite de ce fait, il n’y aurait rien d’impossible à ce que la rubèbe fût la plus petite des deux.
3II
5Aymeric de Peyrac, poète du xiii° siècle, qui se sert un des premiers, du mot rebec pour désigner la rubèbe, dit que cet instrument rendait des sons aigus imitant les voix de femmes :
7Quidam rebecam arcuabant,
8Quasi muliebrem vocem configentes¹.
10Gerson, un autre auteur de la même époque, expliquant les paroles du psaume Laudate eum in chordis et organo, établit aussi que la rubèbe était plus petite que la vièle².
12Tous ces textes ont jeté le doute dans l’esprit de nos modernes musicographes et fait naître des opinions diverses :
13— « Comment, dit Coussemaker, expliquer cette contradiction? Faut-il admettre que l’accord enseigné par Jérôme de Moravie doive être haussé d’une octave? Cela ne paraît guère vraisemblable³. » — Kastner n’est pas moins indécis : « La différence de ces témoignages, dit-il, ferait supposer que le rebec et la rubèbe, dans le siècle où vivaient les deux écrivains précités (Jérôme de Moravie et Aymeric de Peyrac), c’est-à-dire dans le xiii°, n’étaient peut-être pas des instruments tout à fait identiques, mais deux variétés de l’espèce. » Et parlant de Gerson : « Cependant, il ne paraît pas que
15¹. Rapporté par du Cange.
16². Tractatus de canticis (Gerbert, De cantu, t. II, p. 154 et suiv.).
17³. Essai, ouvrage déjà cité.
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