Scan 183
Les facteurs d'instruments de musique: les luthiers et la facture …, 1893
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1autres branches de la facture, il y a avantage, au contraire, à ce que le facteur ne coopère pas activement à la fabrication et qu’il fasse appel à de nombreux collaborateurs. Les pianos, instruments de cuivre, grandes orgues, etc., demandent sans doute de la précision, mais non pas une délicatesse telle qu’ils ne réclament impérieusement le concours personnel du maître. Pour peu donc qu’il ait su combiner savamment ses modèles et qu’il en surveille la parfaite exécution, comme fit Erard par exemple, il n’y a rien à reprendre à la division du travail, qui assure au consommateur de bons instruments à des prix modérés, tels que n’en pourrait faire celui qui entre prendrait de construire l’instrument tout entier.
3Bien entendu nous ne parlons pas ici des facteurs étrangers à la pratique, qui ne sont que des commerçants en instruments et font bon marché des exigences artistiques. Ce n’est pas ceux-là qui pourraient, comme leurs prédécesseurs, jouer les instruments qu’ils vendent ; c’en est fait malheureusement, le facteur virtuose n’est plus qu’un souvenir. Le xixe siècle à l’égal des xviiie et xviiiie, a eu sa part, et non la moins belle. Rappelons que les I. et C. Pleyel, A. Wolff, H. Herz, Cousineau, les frères Naderman, Tulou, Savary, Raoux, Brod, Lefèvre, Triébert, etc., avant d’être manufacturiers, ont été d’habiles exécutants.
5La spécialisation par nature d’instruments ne s’est pas rigoureusement maintenue au xixe siècle. Les luthiers ont vu sensiblement diminuer le nombre d’instruments qu’ils faisaient autrefois, mais ils n’ont
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