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Scan 347
Les instruments à archet: les feseurs, les joueurs d'instruments, leur histoire sur le continent européen, vol. 1, 1876
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1CHAPITRE VII.
3C'est dans cette partie du métier que Rambaux avait acquis une supériorité qui le laissait sans rival en Europe.
5Du reste, travailleur infatigable, une fois l'heure sonnée, il revêtait le tablier traditionnel, qu'il ne quittait plus de la journée. Il était intéressant de le voir, tout en conservant l'outil en main, et suivant d'un œil attentif le travail de l'ouvrier assis en face de lui, et dont aucun mouvement ne lui échappait, accueillir amateurs et artistes qui se succédaient dans son atelier, et accorder une attention soutenue aux théories interminables qui se déroulaient devant lui, sur les instruments, la place de l'âme, du chevalet, etc. : toujours calme et plaçant modestement son mot, avec ce sourire fin et doux qui le rendait sympathique à tous.
7Après un exercice de dix-neuf années écoulées dans ce dernier domicile, Rambaux se retira à Mirecourt en juin 1857, pour y jouir tranquillement de la modeste aisance que sa carrière honorable lui avait procurée; toutefois sa passion favorite ne cessa de l'occuper, et il continua ses travaux de retouches et de réparations, en les bornant aux instruments de choix et sans se départir de cette recherche qui attestait que chez lui l'âge n'avait pas éteint l'amour de l'art auquel il avait consacré sa vie.
9Claude-Victor Rambaux est mort à Mirecourt, le 25 juin 1871¹.
11RAUT (JEAN). — Luthier assez estimé, qui travailla à Rennes,
13¹. C.-V. Rambaux a laissé deux fils. L'un d'eux, M. Émile Rambaux, sous-inspecteur des forêts à Laon, a bien voulu nous communiquer les détails biographiques qui précèdent, et la lettre qu'il nous adresse se termine par quelques lignes simples et modestes au sujet de son père; nous les transcrivons ici :
15« Il était encore plein de vie quand éclata la dernière guerre. Son cœur fut péniblement affecté des désastres de notre patrie, et l'impression fut d'autant plus vive, que Mirecourt était au centre du pays envahi. Mon jeune frère, âgé de vingt et un ans, et moi étions partis comme soldats : hélas! un seul devait revenir. Mon frère fut tué à Belfort, et mon père ne put supporter cette nouvelle douleur : le chagrin le prit, et il mourut à Mirecourt le 25 juin 1871, à l'âge de soixante-cinq ans. »
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