Bow & Bridge Violin and bow makers, as the old books printed them

Scan 438

Les instruments à archet: les feseurs, les joueurs d'instruments, leur histoire sur le continent européen, vol. 1, 1876

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1« Le xiii° siècle est, dans notre histoire, le plus brillant du moyen âge, celui où il y eut le plus de prospérité ou de bien-être. La richesse d’argent prit place à côté et souvent au-dessus de la richesse territoriale; on vit quantité de bourgeois plus opulents que les seigneurs; le luxe, surtout le luxe des vêtements, envahit toutes les classes. »
3Ce fut vers 1270, sous Philippe le Hardi, que la noblesse, pour se distinguer des manants, adopta la mode des robes héraldiques¹.
5Chaque noble faisait broder en or, en argent et en soie, ses armoiries sur sa robe; c’était un luxe entraînant à des dépenses folles. Témoin ces robes de Philippe le Hardi, qui lui avaient coûté chacune quelque chose comme 50,000 francs de notre monnaie.
7Il est probable que nos poètes chanteurs n’étaient pas souvent favorisés de pareils présents; mais à cette époque où chevaliers, bourgeois, vilains, étaient couverts de satin, de drap d’écarlate et de linon², il devait arriver parfois que les Ménestrels recevaient de splendides dépouilles équivalant à une somme impor-
9¹. « Il n’y a point de véritables armoiries avant le xii° siècle. Ce furent les expéditions de la Terre-Sainte qui les rendirent propres à chaque maison. Ce ne fut cependant que vers le milieu du xiii° siècle et sous le règne de saint Louis que les armoiries passèrent communément du père aux enfants et devinrent fixes dans les familles. » (le P. Ménestrier, Méthode du Blason. Ponthus. Lyon MDCCXXX).
11². Guillaume le Breton, chapelain de Philippe-Auguste, dit, au sujet des fêtes données en réjouissance de la victoire de Bouvines, en 1214 : « Les villes, les châteaux, les campagnes fêtent à l’envi un succès auquel toute la nation est intéressée. Chevaliers, bourgeois, vilains, sortent de chez eux resplendissant de pourpre; on n’aperçoit que satin, drap écarlate et fin linon. Le paysan, enivré de se voir dans la tenue d’un empereur, se juge l’égal de toutes les puissances. Il lui suffit de s’être procuré un habit qui n’est pas celui de sa condition pour qu’il s’imagine que son état est transformé. » (Quicherat, loc. cit., p. 178.)

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