Scan 121
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1est plus fin et plus délié que large et substantiel ; mais malgré sa ténuité apparente, qui au loin est de la force, il est parfaitement libre, égal, étincelant. Avec cette qualité sémillante et cristalline, avec ce simple filet de voix qui crible à une grande distance les violons les plus forts, vous avez dans un Stainer la crème du beau son. C'est une cloche ; sa chanterelle surtout est si transcendante, qu'elle demanderait grâce pour sa quatrième, si l'on pouvait accuser celle-ci de faiblir sous le doigt, comme le prétendent très-faussement quelques musiciens rustiques, qui s'imaginent l'attaquer quand de fait ils l'écrasent. Plus diamants encore que velours, ses sons gagnent en brillant ce qu'ils ont de moins en volume. Ils continuent de parler quand les autres se taissent, et cette portée extraordinaire est une compensation surabondante de la plénitude qui leur manque.
3C'est un genre à part dont sans doute les oreilles françaises ne s'accommoderaient pas autant que les oreilles allemandes, et nos robustes professeurs autant que nos amateurs délicats et friands. Mais ces mêmes Virtuoses qui, se passionnant à juste titre pour les Stradivarius, en veulent si gratuitement aux Stainers, trouveront-ils donc mauvais que dans une collection sagement organisée, un pauvre amateur, curieux
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