Scan 180
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1un jaloux. Le luthier ne court aucun risque; on ne le prendra pas au mot. Il sait bien que le rapprochement des deux termes de comparaison n’est pas des plus faciles. Qu’il fasse semblant d’en engager un pour servir à l’épreuve, cela est possible; mais qui voudrait mettre l’autre sur jeu? Où trouver dans le monde un amateur complaisant qui ait le courage et la bonté d’âme de sacrifier le vernis d’un Stradivarius à l’expérience projetée? Où le trouver? A Paris, au Marais, dans ma chambre.
3Infandum jubeor renovare dolorem! J’eus le malheur, il y a quelques années, de consentir à la dégradation d’une magnifique basse de viole de cet auteur célèbre, espérant tirer d’un instrument passé de mode un magnifique et délicieux violon qui serait encore l’auteur même. Je me trompais dans mon attente : l’extrait infortuné alla se dévernir et se briser dans le moule. Les miettes restèrent; Stradivarius avait disparu. Cette opération informe, qui m’a coûté bien des louis, et des remords, ne m’a laissé de précieux que le surplus de la masse. Ce respectable surplus, ces beaux et tristes débris, sont encore à ma disposition. Eh bien! je les consacre à l’objet dont il s’agit; et, laissant subsister le défi solennel porté par le luthier à tous les chimistes, puisqu’on veut des témoins qui répondent de la chose,
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