Scan 61
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1propos. Être son modèle sans cesser d’être soi, créer en imitant, voilà la perfection; et c’est ce qui met une si grande différence entre un ouvrier purement machinal et l’artiste intelligent qui raisonne ses œuvres. Celui-là ne voit jamais dans son jour le tableau qu’il croit rendre, il le copie en aveugle; faute d’en saisir l’esprit, il estropie la lettre et fait honte au modèle; en se pendant à l’original, il renonce à se rencontrer avec lui, et c’est précisément à force d’être esclave, qu’il se rend infidèle. Mais l’artiste judicieux commence par chercher le point d’optique; puis il embrasse d’un œil calculateur l’ensemble et les détails, reporte sur la version le mérite du thème, convertit en sa propre substance, ainsi que l’abeille industriuse, le suc des fleurs qu’il exprime; et la régularité des copies qu’il extrait profite toujours, et ne souffre jamais de la latitude qu’il se donne et de cet heureux abandon qui quelquefois commande des écarts. Alors ce sont les exceptions mêmes qui confirment les règles. Il n’y a que les principes fondamentaux dont il ne soit jamais permis de s’écarte, parce qu’ils tiennent immuablement, non à l’opinion, mais à la nature. Or quels sont ces principes qui dirigeaient nos ancêtres dans leurs savantes opérations? C’est sur quoi il nous importe d’appuyer, après que nous aurons consulté à ce su-
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