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Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1répondrai que si en effet ils avaient par-dessus nous la science et la logique de l’art, nous avons de plus qu’eux une chose qui leur manquait, l’expérience. Il est démontré que les très-grands Amati, qui sont extrêmement rares, et les Stradivarius, qui sont bien plus communs, et dont la capacité renferme exactement un pied six pouces une ligne, pied cube carré, et neuf pieds six lignes dans toute la circonférence, non compris les tasseaux, les contre-éclisses et la barre, dont il faut faire la déduction, donnent seuls le quadruple résultat ci-dessus énoncé; d’où il suit que les luthiers ne peuvent s’écarter de ces derniers modèles, à moins que des commandes particulières ne les contraignent à des exceptions. Un violon petit ou même moyen aura une chanterelle brillante, une assez belle seconde, une troisième passable, le tout avec une rondeur médiocre; mais comme il n’y a pas assez d’air pour ébranler la table, la quatrième, n’ayant ni la gravité ni le corps qui convient à sa nature, sera presque toujours roide, sèche et sans force. Au contraire, un violon d’une ampleur excessive aura une chanterelle maigre, mince et couverte, une seconde nasarde ou sourde, une troisième très-ronde, mais avec des sons entortillés, équivoques, incertains, tels que les fa naturel et dièze, les si naturel et bémol au déman-
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