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Musical Courier 1911-03-22: Vol 62 Iss 12, 1911
97 lines. Read by computer on 25 September 2026, twice; the two readings disagreed in places. Printed page 45. See the scan on archive.org.
1FRENCH DEPARTMENT.
3LA SAISON PARISIENNE.
5Nous disions dans notre dernier article, que la forme nouvelle du théâtre lyrique serait, peut-être, une sorte de théâtre d'exception, dépourvu de cette routine quotidienne qui sacrifie les œuvres et les artistes, par la force de l'habitude, aux commodités d'une administration trop traditionaliste. Les théâtres d'État, en France du moins, ne connaissent guère la variété innombrable du répertoire dont jouissent les scènes allemandes, par exemple. Et le manque de variété n'en est pas le moindre défaut. Véritablement écrasés par les exigences multiples des cahiers des charges, tout d'abord, limités en suite dans le choix des œuvres et des interprètes, par la juste défense des intérêts nationaux, contraints d'entendre et d'exaucer souvent les désirs de leurs abonnés, de leurs commanditaires, et de la troupe innombrable des parlementaires, des petits et grands fonctionnaires du gouvernement, nos directeurs de scènes lyriques sont à peu près aussi dirigés qu'ils dirigent eux-mêmes. Pour peu qu'une certaine lassitude ou bien une négligence soutenue, ou bien encore des soins trop peu attentifs, ralentissent leur zèle, les théâtres déclinent, leur clientèle se détache par la simple raison que sa curiosité n'est plus mise en éveil ou bien parce que ses aspirations ne sont plus satisfaites.
7Paris, plus que toute autre ville, a besoin de diversité dans ses programmes; son public est innombrable et de goût extrêmement différent; il en est un que l'annonce d'une exécution parfaite des Symphonies de Beethoven attire en foule; il en un autre qui exige l'attrait du bel canto, et qui fait réaliser, comme l'année dernière au Châtelet durant la Saison Italienne, des recettes absolument fabuleuses; il en est un autre qui est fêru de musique de chambre et qui se passionne pour Kubelik ou pour Paderewski; et depuis quelques années on s'est aperçu à Paris, grâce au ballet russe, qu'il y en avait aussi un pour la chorégraphie. Pour satisfaire à tous ces goûts, il faut une sorte de cerveau universel, une manière d'Intendant des Plaisirs à l'esprit fertile en inventions, riches d'idées, averti de tous les mondes, de tous les goûts, de tous les caprices, de tout de qui est beau dans le présent et dans le passé, de tout de qui mérite d'être ressuscité, de tout ce qui vaut d'être divulgé, et qui ait fourni assez de preuves pour entraîner à sa suite un public confiant.
9Nous pouvons en donner dès à présent un aperçu sommaire. Tout d'abord aura lieu un grand festival Beethoven, quatre séances, où seront exécutées toutes les Symphonies, le Concerto du violon, les concertos de piano, dirigés par Félix Weingartner, avec des solistes choisis. Puis viendra une série de concerts Kubelik, un récital de Paderewski, et de quelques autres virtuoses célèbres.
11Ensuite commenceront les représentations si impatiemment attendues du "Martyr de Saint Sébastien," le mystère de Gabriel d'Annunzio, dont l'importante partition a été écrite par Claude Debussy, les décors brossés par le grand peintre russe Léon Bakst, et dont le rôle principal sera créé par la célèbre artiste Ida Rubinstein. La partition de Claude Debussy comprendra des entr'actes, des chœurs et des danses. Quant au drame de d'Annunzio, il n'est encore permis de n'en rien dire puisque seuls quelques privilégiés en ont eu connaissance. Ceux qui en ont entendu la lecture, parmi lesquels plusieurs ecclésiastiques, en vantent le lyrisme tout animé d'une foi profondément chrétienne et la pure beauté verbale. Il est presque inutile d'ajouter que la première de Saint Sébastien sera l'événement le plus sensationnel de la Saison Parisienne.
13A peine les représentations du drame de M. d'Annunzio terminées, commenceront les spectacles non moins attendus et non moins captivants du ballet russe. Le programme extrêmement riche comprendra: tout d'abord "L'Oiseau de feu" d'Igor Strawinski, un des plus brillants élèves de Rimski-Korsakoff dont l'oeuvre, extrêmement personnelle, révèle des dons d'instrumentation absolument prestigieux; les décors seront de la main du peintre Golovine, et les interprètes la ravissante Karsavina et Michel Fokine; on reprendra ensuite la Scheherazade, le drame chorégraphique si passionnant que Léon Bakst, et Michel Fokine ont adapté à la partition célèbre de Rimski-Korsakoff. Les décors et les costumes, d'une puissante richesse de coloris et d'un orientalisme fastueux, sont de Léon Bakst. Les interprètes en seront Nijinski et Ida Rubinstein. Un autre élève de Rimski-Korsakoff et non des moindres Nicolas Tcherepnine donnera à Paris la primeur de son nouveau ballet Narcisse dont on dit merveille.
15Deux anniversaires très importants dans la musique et dans la poésie, serviront de prétexte à quelques-uns de ces divertissements chorégraphiques si évocateurs où excellent le talent et l'ingéniosité de M. de Diaghileff et de ses collaborateurs. Tout d'abord, l'anniversaire de Liszt, dont on interprétera le magnifique Orphée dans un décor de Bakst. Ensuite l'anniversaire de Théophile Gautier que l'on célébrera par un divertissement d'une exquise poésie, intitulé "Le Spectre de la Rose" adapté à l'Invitation de la Valse de Weber, instrumenté par Berlioz et dont les interprètes seront Thamar Karsavina et Waslaw Nijinski.
17La troupe sera composée de 80 danseurs et danseuses choisis parmi les meilleurs du ballet de Saint Pétersbourg. Les étoiles en seront tout d'abord Waslaw Nijinski, Vestris redivivus, le plus extraordinaire danseur qui soit actuellement au monde et dont le talent de composition égale l'inraissemblable souplesse. Puis Thamar Karsavina, dont la beauté délicate et l'art subtil ont enthousiasmé les parisiens; puis Sophie Fédorova, danseuse de caractère hors de pair, puis Lopoukhowa dont les débuts firent sensation, puis Gaschewska, puis Ludmilla Schollar, aussi gracieuse que verveuse; les autres danseurs seront Rosay, Bolm, Orloff, tous également plastiques et d'une technique vertigineuse. Le chef de cette troupe féconde en talents, sera Michel Fokine, évocateur puissant, maître de ballet sans pareil, créateur aussi riche d'invention qu'interprète passionné, et en qui s'incarne le plus pur génie de la chorégraphie.
19Après ce spectacle magnifique Astruc espère donner deux œuvres françaises: l'une qui appartient à la plus grande histoire de notre musique, l'autre qui compte parmi les chefs-d'œuvre de la production moderne:
21L'enfance du Christ de Berlioz et l'Eros vainqueur de M. Pierre de Bréville. L'Enfance du Christ sera mise pour la première fois à la scène et sa légende sera réalisée d'une manière décorative qui exaltera encore sa poétique suggestion. L'Eros vainqueur de M. Pierre de Bréville, n'avait pas encore été représenté à Paris. Son exécution à Bruxelles avait causé une profonde sensation dans les milieux musicaux. Si le plan de réalise, ces deux œuvres seront interprétées par les meilleurs éléments de l'admirable troupe de la "Monnaie" de Bruxelles avec, comme protagonistes, des chanteuses comme Madame Croza, Madame Béral, etc. Un petit ballet hollandais, Hopjes et Hopjes, d'une grâce et d'un esprit ravissants, complétera la soirée de l'enfance du Christ; il sera interprété par l'excellent corps de ballet de la Monnaie, en tête duquel s'inscrit le nom de la délicieuse Cerny.
23Des pourparlers extrêmement avancés sont engagés à cet effet et il est certain qu'au moment où cet article paraîtra, tous les contrats et traités seront signés. Gabriel Astruc, en effet, a conçu le projet audacieux de transporter à Paris l'ensemble admirable de l'Opéra Royal de Dresde. Grâce à des sacrifices dont on devine l'importance, il ferait connaître aux parisiens cette troupe merveilleuse, qui contient des artistes tels que Mlle. Siems, de Mlle. von Osten; son orchestre sans pareil, conduit par le grand chef qu'est M. Ernst von Schuch; enfin les décors de Roller qui évoquent si somptueusement le Vienne du XVIIIème siècle et toute cette mise en scène imposante et colorée qui entoure à Dresde le dernier chef d'œuvre de Richard Strauss. Au Rosen Kavalier s'ajouteraient la première représentation à Paris d'Electra du même maître, que serait donnée également avec les créateurs.
25On avouera qu'un tel programme, varié et nourri de chefs d'œuvre, a de quoi satisfaire le zèle artistique des parisiens. Et l'art ne sera pas seul à bénéficier d'une telle activité. L'élegance et la meilleure y trouvera son compte. On sait quelles salles extraordinaires les saisons de Gabriel Astruc réunissent. On reverra encore au printemps prochain ces fameuses "corbeilles" féminines, où toutes les grâces, toutes les beautés, tous les talents sont groupés en un de ces faisceaux lumineux qu'il appartient à Paris de posséder et de révéler.
27M. GABRIEL ASTRUC, THE FAMOUS FRENCH MANAGER AND IMPRESARIO, AND M. CARUSO IN "PAGLIACCI" AT THE TIME OF THE METROPOLITAN OPERA COMPANY'S PARIS SEASON.
29Gisela Weber Delights Utica Music Lovers.
31Gisela Weber, the talented violinist, delighted a fine audience at her last recital in Utica, N. Y. The following criticism from the Utica Daily Press outlines the program and pays a tribute to the artist:
33MADAME WEBER'S RECITAL.
35LARGE AUDIENCE WAS CHARMED WITH THE WORK OF NOTED VIOLINIST—A PROGRAM OF UNUSUAL EXCELLENCE.
37Gisela Weber, a woman violinist of rare ability, gave a recital at the New Century Auditorium last evening, and she was greeted by a large audience which listened with the utmost appreciation to every number, making known its approval by prolonged applause. Madame Weber is a finished musician not only, but she is a beautiful woman, and her stage presence is exceptionally pleasing. Her technic is without a flaw, but in it her conception of the composer's thought is never for a moment obscure, and she gave to each number just the interpretation for which it called, drawing from the rare old Stradivarius tones of wonderful sweetness as well as those of great depth and power. The program was as follows:
39Sonata, D major ……………………………………………..Handel
40La Folia, Variationes Seriouse …………………………..Corelli
41Romanza ………………………………………………………..Svendsen
42Air ………………………………………………………..Bach
43Minuet ………………………………………………………..Mozart
44Sonata, A major ……………………………………………..Brahms
46The first movement was beautifully rendered, and in the adagio and larghetto movements the pure singing tones of the instrument were heard at splendid advantage. The "Variations Seriouse," "La Folia," was warmly received. The next group was varied, the romanza being an exquisite number, as was also the composition by Bach. The Mozart minuet was a dainty little selection, charmingly played. At its conclusion the applause was prolonged. In the last number, the sonata in A major by Brahms, the violinist had full scope for her powers, and it showed perhaps more than any of the others the breadth of tone of which she is capable. After she had finished the audience remained seated for several minutes hoping that its applause would win still another number.
48After the concert a number of local musicians took occasion to congratulate Madame Weber upon her splendid recital.
50Madame Weber's engagements for March included a concert in Mt. Vernon, N. Y., March 6; two appearances at the Marin High School (New York), March 9 (afternoon and evening); recital in Flushing, March 13; recital at Wadley High School, March 23, and at Kismet Temple, Brooklyn, March 24.
52Frances Pelton Jones' Successful Season.
54Frances Pelton Jones, who has had a successful season filling dates with the harpsichord, is finding that there is more and more demand for the presentation of music by the old masters. In addition to her out of town engagements, Miss Pelton-Jones has played this winter before the Euterpe, Eclectic and Ideala Clubs at numerous private houses, for many schools and concerts at the Hotel Plaza and the Waldorf-Astoria. Some of her dates for April are: Philadelphia, April 5; Minerva Club, New York, April 24; Julia O'Connor's concert in the Astor Gallery, April 26; matinee of old music, again at the Waldorf-Astoria, April 28.
56The following program of harpsichord and song was given at Miss Spencer's school in West Fifty-fifth street, New York, on March 6:
58Prelude in B flat major ………………………………………Bach
59Soeur Monique (Rondo) ………………………………………Couperin
60Solfeggietto …………………………………………………….Ph. Emanuel Bach one of two readings
61Solfeggietto …………………………………………………Ph. Emanuel Bach one of two readings
62Sonata in E minor ……………………………………………..Scarlatti one of two readings
63Sonata in E minor ……………………………………………Scarlatti one of two readings
64Pastorale, capriccio ……………………………………………..Scarlatti one of two readings
65Pastorale, capriccio …………………………………………..Scarlatti one of two readings
66Fidelity …………………………………………………….Miss Pelton-Jones.
67She Never Told Her Love ………………………………………Handel
68Where'er You Walk ……………………………………………..Paul Dufault. one of two readings
69Where'er You Walk ……………………………………………Paul Dufault. one of two readings
70Harmonious Blacksmith (air with variations) ………….Handel
71Largo …………………………………………………….Handel one of two readings
72Largo ………………………………………………………..Handel one of two readings
73Bergerettes of the Eighteenth Century …………………Arr. by Weckerlin
74Lison Dormait.
75Jeunes Fillettes.
76Toujours vous aimer.
77Maman Dites mois.
78Le Tambourin ……………………………………………..Rameau
79Celebrated Minuet ……………………………………………..Boccherini one of two readings
80Celebrated Minuet …………………………………………..Boccherini one of two readings
81The King's Hunting Jig ………………………………………Dr. John Bull
82Flow Gently, Sweet Afton ………………………………………Old English one of two readings
83Flow Gently, Sweet Afton …………………………………….Old English one of two readings
84Drink to Me Only with Thine Eyes ………………………..Old English
85The Lass with the Delicate Air ……………………………….Arne one of two readings
86The Lass with the Delicate Air ……………………………..Arne one of two readings
87Mr. Dufault.
89Schumann-Heink Soloist with Philharmonic.
91As previously announced in THE MUSICAL COURIER, Madame Schumann-Heink sang this week with the New York Philharmonic Society in Carnegie Hall last night (Tuesday) and sings again Friday afternoon. She then goes West again to fill more engagements in that section. The great contralto appears in St. Paul, Minn., Wednesday of next week, March 29. This popular and adored singer is about closing another extraordinary tour of over seventy-five concerts and recitals. She is to be the soloist with the Rubenstein Club (private concert), at the Waldorf-Astoria, Tuesday evening, April 18. one of two readings
92As previously announced in THE MUSICAL COURIER, Madame Schumann-Heink sang this week with the New York Philharmonic Society in Carnegie Hall last night (Tuesday) and sings again Friday afternoon. She then goes West again to fill more engagements in that section. The great contralto appears in St. Paul, Minn., Wednesday of next week, March 29. This popular and adored singer is about closing another extraordinary tour of over seventy-five concerts and recitals. She is to be the soloist with the Rubinstein Club (private concert), at the Waldorf-Astoria, Tuesday evening, April 18. one of two readings
94Dippel Engages Klibansky Pupil.
96Robert H. Perkins, baritone, was recently heard by Andreas Dippel and immediately engaged to sing a part in the Philadelphia-Chicago grand opera production of "Quo Vadis."
The computer misreads some letters and numbers. Where a name matters to you, read the scan.