Scan 83
Une famille de grands luthiers italiens, Les Guarnerius, 1909
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1Jules Gallay, dans ses Luthiers italiens, a donné, au point de vue général, une sorte de « signalement » des violons de Guarnerius del Gesù, qu’il détaille ainsi : — « Patron : souvent petit; il a varié. — Bois : excellente qualité. — Vernis : jaune doré, pâte fine et élastique, rappelant beaucoup celui d’Amati. — ff : assez ouvertes et tout à fait caractéristiques. — Voutes : ordinaires, mais plus élevées que Stradivarius. — Éclisses : bonne hauteur. — Coins et Filets : main-d’œuvre fort habile. » Mais tout cela ne peut être considéré qu’approximativement, Guarnerius, chercheur obstiné comme Stradivarius, et toujours désireux du mieux, ayant constamment modifié sa manière au moins dans les détails, principalement en ce qui concerne la perce des ff et la forme de la volute, qui varient très souvent.
3J’ai dit que le merveilleux Guarnerius del Gesù d’Alard avait été donné au Musée instrumental du Conservatoire par la famille du grand violoniste. Le Musée possède de Guarnerius quelques souvenirs de moindre importance, mais présentant tout au moins un intérêt de curiosité, entre autres deux petits rabots mignons provenant de son atelier, offerts par Vuillaume (n° 99 du catalogue); puis des chevalets qui sont compris dans une série où l’on en rencontre de Stradivarius, d’André Guarnerius, de son fils Joseph et de Carlo Bergonzi (n° 94 du catalogue).
5Il va sans dire que les violons de Joseph Guarnerius del Gesù ont été l’objet d’innombrables imitations, qu’il faut d’ailleurs distinguer
7l’instrument est dû à un autre membre de la famille, soit Joseph Ier, soit Pierre Ier, dont les violoncelles sont aujourd’hui très recherchés. Au sujet de ce quatuor, on lisait ce qui suit dans la Gazette musicale du 12 septembre 1875 : « Chacun de ces instruments portait le cachet de Beethoven et un grand B gravé sur le fond. Le Joseph Guarnerius (sans doute un Guarnerius del Gesù) était le plus précieux de la collection; on en offrit il y a longtemps 1.500 florins à Holz, qui refusa de s’en dessaisir. Aujourd’hui que les Guarnerius del Gesù sont plus recherchés encore et que l’argent a une valeur moindre, un instrument pareil se paierait de 8.000 à 10.000 francs. Il est vrai que le souvenir de Beethoven entrait peut-être pour quelque chose dans l’offre de ces 1.500 florins. »
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