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Une famille de grands luthiers italiens. Les Guarnerius, 1909
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1ne crois pas qu’un seul Stradivarius ait jamais atteint le chiffre de 50.000 francs payé par Wilhelmy à George Hart pour son superbe Guarnerius de 1737. (A remarquer toutefois que la boite qui enfermait ce splendide instrument est elle-même un véritable objet d’art qu’on évaluait à 5.000 francs; elle est en argent massif et très artistement décorée de marqueteries en écaille.)
3Mes recherches ne m’ont pas permis de trouver d’autres dates que celles-ci pour des violons de Joseph Guarnerius del Gesù : 1732, 1733, 1734, 1735, 1740, 1741, 1742, 1743, 1744, 1745. Ces dates, on le voit, ne se rapportent qu’à la partie brillante de la carrière du grand artiste. Guarnerius étant né en 1686, a, selon toute apparence, commencé à travailler pour son compte entre 1706 et 1710. Plus ou moins, il a donc dû nécessairement produire entre 1710 et 1732. Mais combien de ses instruments, dont beaucoup sans doute appartenant à cette période et dont nous ne connaissons pas les dates, sont fâcheusement enfouis dans les collections égoïstes des amateurs anglais, ces nécropoles de la grande lutherie italienne! (1)
5(1) Beethoven a possédé un quatuor superbe d’instruments à cordes, dont deux portaient le nom de Guarnerius. C’était un cadeau fait au grand homme par le prince Lichnowski, et c’est Schuppanzigh, le premier violon ordinaire des quatuors de Beethoven, qui avait provoqué de la part de celui-ci cette libéralité : on pouvait ainsi essayer les œuvres du maître chez lui, sans l’obliger à se déranger. Le fameux collectionneur Aloys Fuchs, qui s’occupa aussi de littérature musicale, donna jadis dans les Wiener Sonntag Blätter, une description de ce quatuor remarquable, qui, selon lui, était ainsi composé : 1° un violon de Joseph Guarnerius, 1718, devenu la propriété de Carl Holz, violoncelliste avec lequel Beethoven était lié dans les dernières années de sa vie, et qui fut plus tard directeur des Concerts spirituels à Vienne; 2° un violon de Nicolas Amati, 1667, qui passa entre les mains du docteur Ohmeyer, et fut vendu par les héritiers de celui-ci à M. Huber, de Vienne; 3° un alto de Vincenzo Rugeri, 1670, dont Holz fut également possesseur; 4° un violoncelle d’André Guarnerius, 1712, dont le propriétaire ultérieur fut un M. Wertheimer, de Vienne. En ce qui concerne ce dernier instrument, le violoncelle attribué à André Guarnerius, Aloys Fuchs a commis une erreur évidente. Ou la date indiquée (1712) est inexacte, André étant mort en 1698, ou
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