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Scan 451
Biographie universelle des musiciens et bibliographie g�en�erale de la musique, 1869
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1d'après le système des Persans, dont l'échelle des sons est divisée par quarts de ton. Un manuscrit de cet ouvrage fut rapporté de l'Égypte par Villoteau (voyez ce nom) : le célèbre orientaliste Sylvestre de Sacy le traduisit à sa demande, et corrigea dans la traduction les négligences, contresens et transpositions du copiste arabe. On ignore ce que sont devenus l'ouvrage original et la traduction de M. de Sacy, après la mort de Villoteau.
3GEMINIANI (François), violoniste, compositeur et écrivain didactique qui a joui d'une grande célébrité en Angleterre, est né à Lucques, vers 1680. Ses premières études musicales furent dirigées par A. Scarlatti. Il devint ensuite élève de Carlo-Ambrosio Lunati, surnommé il Gobbo, habile violoniste, et enfin passa dans l'école de Corelli. En 1714, il alla en Angleterre, où sa brillante exécution lui procura bientôt de la réputation. Deux ans après son arrivée à Londres, il publia douze sonates pour violon et basse ou clavecin, qu'il dédia au baron de Kielmansegge, chambellan du roi Georges Ier : cet ouvrage eut un brillant succès. Le baron, qui était le principal protecteur de Geminiani, en parla au roi, et obtint la permission de faire exécuter en sa présence, par Geminiani, quelques-unes de ses productions : ce fut Handel qui tint le clavecin, et Geminiani joua de manière à justifier la protection de ses amis.
5Malheureusement, il était enthousiaste de la peinture au point de se jeter dans de grands embarras pour satisfaire ses fantaisies en ce genre, et se procurer des tableaux de prix. Ses imprudences allèrent si loin, qu'elles finirent par compromettre la sûreté de sa personne, et qu'il fut obligé de se mettre sous la protection d'une loi qui assurait la liberté des gens attachés à la haute noblesse anglaise. Le comte d'Essex le plaça sur la liste de ses domestiques.
7La place de maître de musique et de compositeur des États d'Irlande étant devenue vacante en 1727, le comte d'Essex la demanda à Robert Walpole pour Geminiani ; mais celui-ci la refusa, disant qu'un catholique ne pouvait l'exercer : la place fut donnée à Mathieu Dubourg, qui avait été élève de celui à qui on la refusait.
9Cependant les ouvrages que Geminiani publiait chaque année augmentaient sa réputation. Outre ses œuvres de concert, il avait arrangé en concertos les solos de Corelli et six sonates du même auteur ; mais la publication de ces divers ouvrages avait peu amélioré sa situation. Le manuscrit de son deuxième œuvre ayant été surpris par Walsh, celui-ci donna à l'auteur l'alternative d'en surveiller l'impression, ou de le voir paraltre rempli de fautes. Geminiani, indigné de cette proposition audacieuse, lui intenta un procès : Walsh fut obligé de donner une indemnité, et l'ouvrage parut sous la surveillance de l'auteur. Outre ses compositions instrumentales, Geminiani avait fait paraître quelques ouvrages didactiques, tels que son Art de jouer du violon (The art of playing the violin), et son Guide harmonique (Guida armonica o Dixionario armonico). Celui-ci trouva de nombreux détracteurs à l'époque de sa publication. Dans un voyage que fit l'auteur à Paris, il se lia avec le P. Castel, qui fit imprimer dans le Journal des Savants une analyse apologétique du Guide harmonique. De retour en Angleterre, Geminiani la traduisit en anglais et la publia pour imposer silence aux critiques. Après quelques autres voyages et un séjour à Paris, pendant lequel il donna des éditions améliorées de plusieurs de ses ouvrages, Geminiani retourna en Angleterre, en 1735, y fit paraître de nouveaux ouvrages, et publia une sorte de journal de musique, sous le titre de the Harmonical Miscellany (Mélanges harmoniques) ; mais le peu de succès obtenu par cette publication le fit renoncer à l'entreprise après deux numéros. En 1761, Geminiani alla en Irlande, où Dubourg, qui était alors chef de l'orchestre du roi, l'accueillit avec la reconnaissance qu'il devait à son ancien maître. Celui-ci avait employé plusieurs années à rassembler et à mettre en ordre les matériaux d'un livre considérable sur la musique ; mais bientôt après son arrivée à Dublin, une femme qui était à son service, et qui, sans doute, y était entrée dans le dessein de le voler, lui déroba son manuscrit, qu'on n'a pu retrouver depuis lors. Cette perte fit une impression profonde sur l'esprit de Geminiani, et avança probablement la fin de sa vie. Il mourut à Dublio, le 17 septembre 1762, à l'âge de quatre-vingt-trois ans.
11Comme exécutant, Geminiani paraît avoir en un talent de premier ordre, car on ne voit pas que son mérite ait jamais été contesté. L'opinion n'est pas aussi unanime à l'égard de ses compositions. Les uns, tels que Avison, les citent comme des modèles d'une excellente musique instrumentale ; d'autres, comme le docteur Burney, disent, au contraire, que sa musique, bonne quant à l'harmonie, est déserteuse dans le rythme et dans la mélodie. Quoi qu'il en soit, on voit qu'il s'était proposé
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