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Scan 243
Biographie universelle des musiciens et bibliographie génèrale de la musique, 1860
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119 mars 1829, à l'âge de soixante et un ans et quelques mois. Reveroni Saint-Cyr a écrit les livrets de plusieurs opéras et drames qui ont été mis en musique par Berton, Cherubini et Méhul, ou qui n'ont pas été représentés. Parmi les livres qu'il a publiés, on en remarque un qui a pour titre : Essai sur le perfectionnement des beaux-arts par les sciences exactes, ou calculs et hypothèses sur la poésie, la peinture et la musique ; Paris, Heinrichs, 1804, 2 vol. in-8°, avec des planches. Le principe qui sert de base à ce qui concerne le perfectionnement de la musique, dans cet ouvrage, est ainsi formulé par l'auteur : La musique est une série de sons propres à frapper l'oreille et à peindre à l'esprit des images et des sensations. Son système est donc celui de la perfection de l'art dans le genre descriptif et pittoresque ; mais ce n'est pas seulement l'imitation esthétique qu'il veut qu'on y introduise ; c'est aussi l'imitation matérielle, et c'est ce qu'il appelle le perfectionnement de l'art par les sciences exactes ; voulant prouver que les courbes formées par les notes de la mélodie affectent agréablement l'imagination lorsqu'elles sont d'un aspect doux à l'œil, et l'ébranlent d'une manière plus ou moins violente lorsqu'elles se transforment en angles plus ou moins aigus, il essaye de démontrer cette théorie par l'analyse de quelques phrases d'opéra dont il calcule mathématiquement les courbes. Cette théorie prétendue est une des absurdités les plus originales qu'on ait imaginées.
3RÉVIAL (Manie-Pauline-Françoise-Louis-Benoît-Alphonse), professeur de chant au Conservatoire impérial de Paris, né à Toulouse (Haute-Garonne), le 29 mai 1810, entra dans la même école, comme élève, le 23 octobre 1829. Il y reçut des leçons de solfège de Kuhn, de vocalisation de Henry, et après deux années d'études dans le pensionnat de cette institution, il obtint le second prix de chant au concours de 1831. Le premier prix lui fut décerné en 1832. Le 15 avril 1833 il débuta au théâtre de l'Opéra-Comique dans Fra Diavolo, d'Auber. Le premier rôle qu'il créa fut dans la Prison d'Édimbourg, de Carafa, ouvrage représenté le 24 juillet de la même année. La voix de cet artiste n'était pas belle : elle manquait de timbre dans le registre de poitrine, mais il se servait avec habileté de la voix mixte. Il avait de l'âme, du feu, chantait avec goût et avec expression. Pendant quelques années il fut premier ténor du théâtre de l'Opéra-Comique ; mais après les débuts de Roger, que la nature avait doué d'une belle voix et d'avantages extérieurs qui lui procurèrent les plus brillants succès, Révial ne put rester en possession de son emploi ; il se retira au mois d'avril 1838, et partit peu de temps après pour l'Italie, où il travailla au perfectionnement de son organe et de son mécanisme de la vocalisation. En 1840 il chanta au théâtre de Varèse, en qualité de premier ténor. De retour à Paris au commencement de l'année 1841, il se fit entendre dans les concerts de quelques villes de France et à Londres, puis il fut engagé comme premier ténor du théâtre de La Haye en 1842. Retourné à Paris dans l'année suivante, il prit la résolution de renoncer à la scène, et se livra avec succès à l'enseignement. Au mois de juillet 1846, il fut nommé professeur de chant au Conservatoire de Paris ; il occupe encore cette position (1863).
5RÉY (Jean-Baptiste), né à Lauzerte (Tarn-et-Garonne), le 18 décembre 1734, entra dans son enfance à l'abbaye de Saint-Sernin, en qualité d'enfant de chœur, et y apprit la musique. À l'âge de dix-sept ans, il obtint au concours la place de maître de chapelle de la cathédrale d'Auch. Des discussions qu'il eut avec le chapitre de cette église le firent renoncer à la maîtrise après trois ans, et il accepta la place de chef d'orchestre à l'Opéra de Toulouse. Jusqu'à l'âge de quarante ans, il remplit des fonctions semblables à Montpellier, Marseille, Bordeaux et Nantes. Il était dans cette dernière ville lorsque la renommée de son habileté dans la direction des orchestres le fit appeler à Paris, en 1776, pour régénérer celui de l'Opéra dans l'exécution des ouvrages de Gluck et de Piccinni. D'abord adjoint à Françaix, il lui succéda en 1781 dans la place de premier chef d'orchestre. Ces grands artistes trouvèrent en lui autant de fermeté que d'intelligence et de sentiment musical. Quelques motets exécutés dans la chapelle du roi avaient prouvé qu'il possédait aussi du savoir dans l'art d'écrire. En 1779, Louis XVI le nomma maître de la musique de sa chambre, lui accorda une pension de 2,000 francs, et lui fit promettre une des places de surintendant de sa chapelle avec la décoration de l'ordre de Saint-Michel. Les événements de la révolution française enlevèrent à la fois à Rey ses avantages et ses espérances. Après le mois d'août 1792, on le choisit pour être un des membres du comité d'administration de l'Opéra, et le décret qui organisait définitivement le Conservatoire de musique de Paris, le désigna comme un des professeurs d'harmonie de cette école. Quelques années après, j'y devins son élève, et j'appris de lui cette science d'après les principes de Rameau, les seuls qu'il connût et qu'il voulut admettre. Dans la discussion relative au système de Cate
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