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Scan 86
Biographie universelle des musiciens et bibliographie génèrale de la musique, 1860
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1dus avec une profusion inouïe à Vienne, à Berlin, à Leipzig, à Paris, à Londres et en Hollande. Vers 1795, la réputation de Pleyel éclipsait celle de tous les autres musiciens, et l'on ne voulait pas entendre d'autre musique que la sienne. Il avait aussi composé des symphonies; bien que sa musique n'édit pas de proportions assez grandes pour ce genre, elles avaient eu du succès, à cause des mélodies agréables qui y étaient répandues, et de leur facile exécution.
3Il existait à Londres, depuis plusieurs années, un concert hebdomadaire connu sous le nom de Professional Concert : plusieurs artistes et amateurs distingués s'étaient associés pour soutenir cet établissement. En 1791, Salomon, violoniste qui jouissait d'une assez grande réputation, imagina de donner par souscription douze grands concerts à la salle de Hanover-square, et pour lutter avec avantage contre le Professional Concert, il engagea Haydn à lui donner une grande symphonie nouvelle pour chaque soirée. Haydn se rendit en effet à Londres : on sait quel effet produisirent ces beaux ouvrages (voyez HAYDN). Le succès qu'avait obtenu l'entreprise de Salomon engagea ce musicien à la continuer l'année suivante. Les administrateurs du Professional Concert comprurent alors la nécessité d'opposer à leur compétiteur un atout de curiosité qui pût ramener les amateurs à leurs séances musicales, et Pleyel fut engagé à se rendre à Londres, vers la fin de 1791, pour y écrire quelques symphonies. Le premier concert fut donné le 13 février 1792. Le succès de la musique de Pleyel fut prodigieux. Il s'était surpassé et s'était montré digne de lutter avec son illustre maître. Les symphonies étaient au nombre de trois; il s'en trouvait une en majeur qui a été surtout signalée comme un ouvrage excellent. Malheureusement le Professional Concert fut dissous quelques années après, la bibliothèque dispersée, et les symphonies, dont Pleyel n'avait pas gardé de copies, furent perdues pour toujours. Son engagement de Londres avait été fait moyennant deux cents livres sterling; cette somme, réunie à quelques économies, permit à Pleyel d'acheter une propriété à quelques lieues de Strasbourg. Richter avait cessé de vivre, le 12 septembre 1789, et Pleyel lui avait succédé, avec le titre et les avantages de premier maître de la cathédrale de Strasbourg; mais la révolution, qui venait d'éclater, amena bientôt l'anéantissement du culte catholique. Pleyel perdit son emploi et se retira dans la propriété qu'il avait acquise. On ne l'y laissa pas tranquille. La place qu'il avait occupée pendant longtemps le rangeait dans la classe de ceux qu'on appelait alors aristocrates. Sept fois il fut dénoncé dans l'année 1793; il ne put se soustraire à la mort que par la fuite. Le besoin de revoir sa famille l'ayant ramené chez lui, il y fut arrêté au milieu de la nuit, et conduit à Strasbourg devant les officiers municipaux. Interrogé sur ses opinions, il protesta de son civisme; mais on exigea, pour preuve de sa sincérité, qu'il écrivit la musique d'une sorte de drame pour l'anniversaire du 10 août, dont un septembri- seur avait composé les paroles: il fallut obéir. Pleyel ayant demandé la permission de retourner chez lui, pour y travailler plus à l'aise, elle lui fut accordée; mais il resta sous la garde de deux gendarmes et du poète, qui lui donnait ses instructions. Après un travail non interrompu pendant sept jours et sept nuits, l'ouvrage fut achevé, et l'auteur retourna à Strasbourg pour en diriger l'exécution. Il y avait employé sept cloches sur les tons de la gamme; ces cloches, qui avaient été tirées de plusieurs églises, furent suspendues dans la coupole de la cathédrale. Le premier son qu'elles rendirent fut un accord parfait qui produisit un effet si extraordinaire, que Pleyel s'évanouit. Les habitants de Strasbourg ont gardé le souvenir de ce bel ouvrage, dont la partition se conserva dans la famille du compositeur. Dégouté par cet événement du séjour de la province, Pleyel vendit sa propriété et se rendit à Paris avec sa femme et ses enfants, au commencement de 1795. Le succès toujours croissant de sa musique lui fit concevoir le projet d'en tirer lui-même les bénéfices qu'elle procurait aux marchands, et de s'en faire lui-même l'éditeur. Il établit donc une maison de commerce de musique, à laquelle il ajouta plus tard une fabrique de pianos. Ces établissements prospérèrent; mais les soins qu'ils exigeaient détournèrent insensiblement Pleyel de la composition, et, longtemps avant sa mort, il cessa d'écrire. Toutefois, il avait composé douze quatuors qui n'ont point été publiés, mais qui, suivant l'opinion de Dussek, d'Onslow et de plusieurs autres artistes distingués, sont supérieurs aux premiers, sous le rapport de la facture. one of two readings
4Il existait à Londres, depuis plusieurs années, un concert hebdomadaire connu sous le nom de Professional Concert : plusieurs artistes et amateurs distingués s'étaient associés pour soutenir cet établissement. En 1791, Salomon, violoniste qui jouissait d'une assez grande réputation, imagina de donner par souscription douze grands concerts à la salle de Hanover-square, et pour lutter avec avantage contre le Professional Concert, il engagea Haydn à lui donner une grande symphonie nouvelle pour chaque soirée. Haydn se rendit en effet à Londres : on sait quel effet produisirent ces beaux ouvrages (voyez Haydn). Le succès qu'avait obtenu l'entreprise de Salomon engagea ce musicien à la continuer l'année suivante. Les administrateurs du Professional Concert comprurent alors la nécessité d'opposer à leur compétiteur un atout de curiosité qui pût ramener les amateurs à leurs séances musicales, et Pleyel fut engagé à se rendre à Londres, vers la fin de 1791, pour y écrire quelques symphonies. Le premier concert fut donné le 13 février 1792. Le succès de la musique de Pleyel fut prodigieux. Il s'était surpassé et s'était montré digne de lutter avec son illustre maître. Les symphonies étaient au nombre de trois; il s'en trouvait une en majeur qui a été surtout signalée comme un ouvrage excellent. Malheureusement le Professional Concert fut dissous quelques années après, la bibliothèque dispersée, et les symphonies, dont Pleyel n'avait pas gardé de copies, furent perdues pour toujours. Son engagement de Londres avait été fait moyennant deux cents livres sterling; cette somme, réunie à quelques économies, permit à Pleyel d'acheter une propriété à quelques lieues de Strasbourg. Richter avait cessé de vivre, le 12 septembre 1789, et Pleyel lui avait succédé, avec le titre et les avantages de premier maître de la cathédrale de Strasbourg; mais la révolution, qui venait d'éclater, amena bientôt l'anéantissement du culte catholique. Pleyel perdit son emploi et se retira dans la propriété qu'il avait acquise. On ne l'y laissa pas tranquille. La place qu'il avait occupée pendant longtemps le rangeait dans la classe de ceux qu'on appelait alors aristocrates. Sept fois il fut dénoncé dans l'année 1793; il ne put se soustraire à la mort que par la fuite. Le besoin de revoir sa famille l'ayant ramené chez lui, il y fut arrêté au milieu de la nuit, et conduit à Strasbourg devant les officiers municipaux. Interrogé sur ses opinions, il protesta de son civisme; mais on exigea, pour preuve de sa sincérité, qu'il écrivit la musique d'une sorte de drame pour l'anniversaire du 10 août, dont un septembri- seur avait composé les paroles: il fallut obéir. Pleyel ayant demandé la permission de retourner chez lui, pour y travailler plus à l'aise, elle lui fut accordée; mais il resta sous la garde de deux gendarmes et du poète, qui lui donnait ses instructions. Après un travail non interrompu pendant sept jours et sept nuits, l'ouvrage fut achevé, et l'auteur retourna à Strasbourg pour en diriger l'exécution. Il y avait employé sept cloches sur les tons de la gamme; ces cloches, qui avaient été tirées de plusieurs églises, furent suspendues dans la coupole de la cathédrale. Le premier son qu'elles rendirent fut un accord parfait qui produisit un effet si extraordinaire, que Pleyel s'évanouit. Les habitants de Strasbourg ont gardé le souvenir de ce bel ouvrage, dont la partition se conserva dans la famille du compositeur. Dégouté par cet événement du séjour de la province, Pleyel vendit sa propriété et se rendit à Paris avec sa femme et ses enfants, au commencement de 1795. Le succès toujours croissant de sa musique lui fit concevoir le projet d'en tirer lui-même les bénéfices qu'elle procurait aux marchands, et de s'en faire lui-même l'éditeur. Il établit donc une maison de commerce de musique, à laquelle il ajouta plus tard une fabrique de pianos. Ces établissements prospérèrent; mais les soins qu'ils exigeaient détournèrent insensiblement Pleyel de la composition, et, longtemps avant sa mort, il cessa d'écrire. Toutefois, il avait composé douze quatuors qui n'ont point été publiés, mais qui, suivant l'opinion de Dussek, d'Onslow et de plusieurs autres artistes distingués, sont supérieurs aux premiers, sous le rapport de la facture. one of two readings
6Après une carrière si laborieuse, Pleyel s'était retiré loin de Paris, dans une propriété où il se livrait à ses goûts pour l'agriculture. Il y vivait heureux, quand la révolution de juillet, en lui donnant des inquiétudes pour
The computer misreads some letters and numbers. Where a name matters to you, read the scan.