Bow & Bridge Violin and bow makers, as the old books printed them

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Biographie universelle des musiciens et bibliographie générale de la musique / 6, 1866

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1il lui fit abandonner son instrument, et le fit entrer au pensionnat du Conservatoire, où il reçut les leçons de Banderali. Alizard entra dans cet établissement au mois de mai 1834. Deux ans après, le premier prix de chant lui fut décerné dans un brillant concours, et le 23 juin 1837, il débuta à l'Opéra dans le rôle de Saint-Bris des Huguenots. Il y obtint un succès honorable; mais l'espèce de disformité qui résultait du contraste de sa courte taille avec des proportions musculaires très-développées ne le rendit pas sympathique au public, et sa position au théâtre resta longtemps secondaire. Le caractère de sa voix était une basse profonde, d'un timbre puissant et sonore, sorte d'organe très-utile dans la musique, mais dont les avantages trouvent rarement l'occasion de se faire remarquer à la scène. Nonobstant l'appui que ses amis lui prêtaient dans les journaux, Alizard resta à l'Opéra dans une condition secondaire jusqu'en 1842 : alors il se décida à se retirer de ce théâtre, et accepta un engagement à celui de Bruxelles. Il y resta deux années, pendant lesquelles il força son organe vocal à se prêter à une transformation qui lui fut funeste; car, de basse profonde qu'était naturellement cet organe, il en fit un bariton, et chanta tous les rôles de cet emploi dans le grand Opéra. Il y trouvait l'avantage d'une meilleure position momentanée, mais il préparait la ruine de sa voix et de sa santé. Les premières atteintes d'une maladie des bronches ne tardèrent pas à se manifester; il dut suspendre son service au théâtre, et fut enfin obligé de se retirer. On lui conseilla alors le voyage de l'Italie comme efficace pour le mal dont il souffrait : il suivit ce conseil, et s'en trouva bien; car la sonorité de son organe revint, et il put chanter avec succès sur quelques théâtres italiens. De retour en France en 1846, il se fit entendre dans quelques représentations, et y fit une vive impression dans quelques-uns de ses meilleurs rôles. Rappelé à Paris au mois d'août de la même année, il rentra à l'Opéra avec le titre de chef d'emploi. Il y revenait avec une voix aussi puissante en apparence qu'autrefois, mais plus éteinte, mieux exercée; et l'artiste avait acquis cette confiance en soi-même sans laquelle on ne domine pas l'opinion publique. Alizard excita d'abord une sorte d'enthousiasme dans ses rôles principaux, et ses succès conservèrent leur éclat pendant deux ans environ; mais, au mois d'octobre 1848, le mal dont il avait été atteint à Bruxelles reparut avec un caractère plus alarmant; car ce n'étaient plus les bronches qui étaient attaquées, c'était le larynx lui-même. Dans l'espoir que le climat de la France méridionale le guérirait, l'artiste retourna à Marseille, d'où il ne devait plus sortir. Peu de semaines après son arrivée dans cette ville il expira, au mois de janvier 1850, à l'âge de trente-six ans. Alizard avait de l'instruction, aimait l'art sérieux et s'occupait de son histoire. Ce goût lui avait fait rassembler des livres rares et des curiosités musicales qui absorbaient toutes ses économies. Il en résulta pour lui de la gêne dans la maladie longue et douloureuse qui le conduisit au tombeau; mais cette circonstance fut l'occasion d'un noble trait de dévouement et de générosité que l'histoire doit enregistrer. Connaissant sa triste situation, quatre de ses amis se réunirent, se cotisèrent, et l'un d'eux alla le voir, lui portant 200 francs, et lui disant avec cette délicatesse d'expressions qu'on n'a qu'en France pour de pareils traits : « Cher Alizard, ta maladie est sans doute pour toi la cause de quelque gêne; mais ta santé ne peut tarder à se rétablir. Tu reprendras ton service au théâtre, et tes succès auront bientôt comblé ton petit arriéré. Permet donc à tes amis d'être tes banquiers en attendant ce moment, et accepte comme un prêt ce que je suis chargé par eux de t'apporter. » Alizard, qui, seul, se laissait illusion sur son état, crut ainsi ne contracter qu'une dette momentanée. Tous les mois, la même visite se renouvela jusqu'au dernier moment, et l'artiste objet de cette belle action continua de faire ses reçus de la même somme avec la même sécurité.
3ALKAN (Charles-Valentin), connu sous le nom d'Alban aîné, né à Paris, au mois de décembre 1813, montra dès ses premières années les dispositions les plus remarquables pour la musique. Admis comme élève au Conservatoire de Paris, il y obtint le premier prix de solfège à l'âge de sept ans et demi. Dans le même temps il exécuta en public un air varié de Rode sur le violon; mais dans la suite il abandonna cet instrument. Ses progrès dans l'étude du piano, sous la direction de Zimmerman, ne furent pas moins rapides, car il était à peine âgé de dix ans lorsque le premier prix de cet instrument lui fut décerné dans un concours public. Devenu élève de Doulen pour l'harmonie, il porta dans l'étude de cette science l'heureuse organisation dont la nature l'avait doté, et pour la troisième fois il fut vainqueur de ses rivaux dans l'école qui avait été le théâtre de ses autres succès; le premier prix lui fut accordé en 1826. Zimmerman, qui avait fait son éducation de pianiste, lui donna ensuite des leçons de contre-point et de fugue, et ce fut comme élève de ce professeur qu'il parut en 1831 au concours du grand prix de l'Institut, et qu'il y obtint une mention honorable. Depuis lors ce jeune

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