Bow & Bridge Violin and bow makers, as the old books printed them

Books › L'art du luthier, 1903 › scan 255

Scan 255

L'art du luthier, 1903

14 lines. Read by computer on 29 September 2026. Printed page 232. See the scan on archive.org.

1et le taquet allait se placer et se coller dans l’axe de la fracture ou du joint. Pour terminer l’opération, ils coupaient la corde au ras de la surface extérieure de l’instrument.
3Je n’ai pas besoin de faire ressortir les inconvénients de ce procédé dont le moindre défaut est de ne pas permettre de voir l’orientation exacte dans laquelle le taquet vient s’appliquer et par suite de n’offrir aucune sécurité pour une réparation faite dans ces conditions.
5Un autre moyen de consolider les joints consiste à les maintenir avec des queues d’aronde encastrées à demi-bois. J’ai vu de forts beaux instruments, même des Stradivarius, dont les fractures avaient été traitées par ce procédé que je condamne. En effet, si le moyen est bon pour relier les pierres de taille entre elles à la façon des Grecs et des Romains, il est désastreux quand on l’applique à de frêles épaisseurs de bois tendre, car ce n’est pas seulement l’écartement qui est à redouter, mais encore toute pression de l’extérieur à l’intérieur. Enfin, par cette pratique mal comprise, on augmente encore, en retirant du bois, la faiblesse de la partie qu’on devait consolider. Ajoutez qu’il est très difficile de bien coller une queue d’aronde qui présente sept faces à ajuster.
7Le vieux Salles, très soigneux et très habile réparateur cependant, avait la manie de ce genre de soutiens sur lesquels d’autres réparateurs furent obligés après lui de coller des taquets ordinaires pour les renforcer.
9Des bandes de galons de fil écru de un à trois centimètres de largeur sont souvent et utilement employées pour soutenir des fractures aux éclisses des gros instruments, tels que les violoncelles et les contrebasses, surtout dans la partie du derrière très exposée aux chocs. On colle ces bandes en travers d’une contre-éclisse à l’autre. Lorsqu’elles sont mises au moment où l’on construit l’instrument, elles peuvent prévenir bien des accidents. Les joints des tables et des fonds qui en sont pourvus se disjoignent bien rarement. Mais la plupart des luthiers modernes ont renoncé à ce système, sous prétexte qu’il manque d’élégance et de propreté.
11Pour fixer le galon, il suffit de l’enduire d’un seul côté d’une colle demi-épaisse et de l’appliquer à l’aide d’un morceau d’os ou d’ivoire taillé en forme de couteau. Puis, avec une éponge trempée dans l’eau chaude et bien essorée, on enlève toute la colle superflue. On termine en repassant plusieurs fois le couteau pour que l’adhérence soit complète.
13Les anciens luthiers italiens employaient aussi le parchemin comme soutien des joints et des fractures. Celui-ci, pratiqué dans certains cas, était surtout utilisé dans la construction des luths, mandores, mandolines, etc., dont il solidifiait les joints si minces et si délicats.

The computer misreads some letters and numbers. Where a name matters to you, read the scan.