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Scan 273

L'art du luthier, 1903

10 lines. Read by computer on 29 September 2026. Printed page 250. See the scan on archive.org.

1résultat en plaçant l'instrument dans un coffre en zinc fermant hermétiquement ou une sorte de grand bocal et en l'y laissant quelques jours enfermé avec une soucoupe pleine de benzine ou de sulfure de carbone, car ce dernier produit est très actif également. Mais évidemment votre procédé est plus pratique lorsqu'il s'agit d'une contrebasse ou même d'un violoncelle. Peut-être dans la construction des instruments peu délicats et non encore assemblés pourrait-on pratiquer la simple immersion dans une de ces deux substances comme moyen préventif. Cependant l'action de la vapeur suffit à condition — cela est très essentiel — que cette action soit prolongée pendant plusieurs jours et même, si c'est possible, pendant deux ou trois semaines, car il y a là non seulement des insectes parfaits, mais des larves et des œufs dont la résistance est encore plus grande.
3» La température joue en cette affaire un rôle important. Pour que l'action soit rapide et sûre, il faut que cette température soit de 20 à 25 degrés. Si elle était basse, un mois ne suffirait pas pour occire cette engeance maudite.
5» J'ai observé à propos des anthrènes un fait assez intéressant et qui n'est pas connu. Les galeries creusées par l'animal sont étroites. C'est un paresseux qui ne se donne pas plus de mal qu'il ne faut. Il résulte de cette étroitesse que les promenades à deux ne sont pas précisément commodes quand le mois de mai arrive, et que les anthrènes subissent l'influence des effluves amoureuses du printemps. Aussi le mâle, qui est ailé et vole très bien, prend-il son essor et parcourt-il la surface du bois, examinant avec soin chaque trou. En se penchant au bord donne-t-il quelque signal, fait-il un appel quelconque? Je ne le sais; toujours est-il que la femelle, lorsque le trou en contient une, vient à l'orifice.
7» Sa prudence l'empêche de sortir, car elle a à sauvegarder, non seulement sa propre existence, mais celle de l'espèce. Elle se borne donc à venir mettre à l'air tout juste ce qui est nécessaire, c'est-à-dire l'extrémité postérieure de son corps dont le mâle use tant que ça lui plaît.
9» C'est le moment psychologique que je choisis pour épurer mes parquets de cette engeance. En prenant délicatement le mâle, on amène avec lui la femelle tout étonnée de voir intervenir le propriétaire dans une circonstance aussi intime de son existence. C'est, je crois, le seul moment de l'année où les anthrènes quittent leurs galeries; il faut en profiter. »

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