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Scan 48
L'art du luthier, 1903
13 lines. Read by computer on 28 September 2026, twice; the two readings disagreed in places. Printed page 25. See the scan on archive.org.
1du quatuor à cordes actuel. Ces virtuoses, doublés de compositeurs de grand talent, substituèrent à toutes ces petites pièces : sarabandes, menuets, gigues, etc., des sonates dont la forme et le fond étaient bien autrement intéressants et faisaient présager l’envergure de la musique écrite pour le quatuor à cordes moderne, où les musiciens italiens et allemands excellaient déjà.
3Mais revenons à la lutherie. Celle-ci, à cette époque, copiait en France les spécimens italiens. Les Bocquay, Médard, Bertrand, etc., firent des instruments à cordes qui ne le cédaient sur ceux d’Italie que par le choix défectueux des matériaux, mais dont l’exécution témoignait d’une habileté de main au moins égale. La fabrique de Mirecourt, cette Crémone française, fondée depuis le xvi e siècle, commençait à prendre un certain développement et à déterminer, par son extension commerciale et le bon marché de ses produits, une influence réelle sur l’emploi des instruments à cordes. one of two readings
4Mais revenons à la lutherie. Celle-ci, à cette époque, copiait en France les spécimens italiens. Les Bocquay, Médard, Bertrand, etc., firent des instruments à cordes qui ne le cédaient sur ceux d’Italie que par le choix défectueux des matériaux, mais dont l’exécution témoignait d’une habileté de main au moins égale. La fabrique de Mirecourt, cette Crémone française, fondée depuis le xviie siècle, commençait à prendre un certain développement et à déterminer, par son extension commerciale et le bon marché de ses produits, une influence réelle sur l’emploi des instruments à cordes. one of two readings
6La composition de l’orchestre, de son côté, se modifiait peu à peu par l’adjonction des violoncelles et surtout de la contrebasse qui remplaçaient les luths, les théorbes, les grandes basses de viole, etc. Ce fut un musicien florentin du nom de Jean-Baptiste Stuck, dit Baptistin, qui le premier joua du violoncelle à l’Opéra, vers 1709, et ce fut Michel Corrette qui, en 1741, fit paraître à Paris la première méthode pour cet instrument. La contrebasse fit également son apparition à l’Opéra, en 1730, avec Montéclair, l’auteur de Jephthé ; mais celui-ci n’en jouait que le vendredi, jour du Roy.
8Dès cette époque, le quatuor à cordes est définitivement constitué dans l’orchestre, et si, depuis, aucune règle n’est venue limiter le nombre des exécutants dans chacune des parties de ce quatuor, le principe ne s’en est du moins pas modifié.
10Dans une plaquette intitulée Quelques considérutions sur la lutherie et que j’ai publiée en 1890, j’ai fait remarquer la composition incomplète du quatuor à cordes actuel par suite de la disparition d’un de ses membres, le ténor de violon, qui a existé autrefois et pour lequel il y avait des parties écrites dans l’ancien quatuor italien (1). Après avoir donné les raisons pour lesquelles cet instrument, si bien indiqué et dont la voix était la juste continuation du violoncelle allant à l’alto, avait été abandonné, j’ai signalé les tentatives d’artistes convaincus qui avaient lutté pour la réintégration de cette voix bien caractéristique disparue. Cette disparition a amené une solution de continuité regrettable dans le registre à cordes et a forcé les
12(1) Voir les quatuors d’Albinoni et des compositeurs contemporains.
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