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Scan 168
La lutherie et les luthiers, 1889
6 lines. Read by computer on 27 September 2026. Printed page 104. See the scan on archive.org.
1du jeune élève qu’il commença à signer de son nom, de 1666 à 1670, portent encore le cachet de son maître; on les distingue facilement à leurs voûtes hautes et bombées; ils sont désignés sous le nom de Stradivarius amatisés. Depuis cette époque, l’artiste cherche et progresse, la main-d’œuvre se perfectionne; de 1694 à 1700 environ, il adopte un patron un peu plus étroit donnant à ses violons une apparence plus élancée. Les instruments de cette période, que les amateurs appellent longuets, attestent, aussi bien que tous ceux sortis de la main de A. Stradivari, l’habileté du maître, mais leur caractère est particulier¹. Le rétrécissement du patron a lieu surtout vers le milieu; ce sont des violons à la taille fine, si j’ose m’exprimer ainsi; cette particularité est très sensible entre les ff. La longueur de l’instrument est toujours la même, mais par suite de cette réduction il paraît plus long.
3A partir de l’année 1700, la perfection est acquise, et jusqu’à sa mort l’artiste ne produira plus absolument que des chefs-d’œuvre. La plume est impuissante pour donner une idée même lointaine de la perfection des œuvres d’Antonio Stradivari. Cet homme, vraiment merveilleux, joignait à une puissance considérable de travail une intuition profonde de tout ce qui touchait à son art; il lui a fallu plus de trente années pour atteindre le but, mais alors il l’a touché avec une précision miraculeuse.
5¹. M. le marquis de Saint-Hilaire, amateur distingué à Paris, possède un violon de ce genre, remarquable par sa beauté et sa sonorité. Il porte l’étiquette originale, datée de 1699 (Pl. 11).
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