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Scan 35
La lutherie et les luthiers, 1889
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1aujourd'hui le violon joué par nos virtuoses représenter absolument celui du xvi\textsuperscript{e} siècle : sauf quelques légères modifications dans la forme des contours, des voûtes et quelquefois des dimensions, l'instrument de 1884 est celui de 1550 ; on n'a même pas opéré un seul changement intérieur d'une utilité reconnue ; le vieil André Amati construisait les tasseaux, les contre-éclisses, la barre, l'âme, absolument comme les luthiers de nos jours.
3La France est un des pays de l'Europe où le violon se répandit le plus rapidement. Depuis 1555 environ, époque à laquelle Baltasarini\textsuperscript{1} vint à la Cour avec une bande de musiciens violonistes, l'instrument prit une vogue générale ; son nom lui-même ne tarda pas à être emprunté par notre langue populaire.
5Les joueurs de violon n'étaient pas toujours gens de la meilleure espèce. Nous voyons, dès 1628, l'autorité tenter de sauver le noble instrument de cette décadence « en faisant défense d'en jouer dans les cabarets et mauvais lieux ».
7Malgré ces louables intentions, le violon continuait à déroger ; aussi fit-on bientôt de son nom un terme de mépris et d'injure : « Traiter un homme de violon, dit A. Furetière, c'est comme si on le mettoit au rang
91. Baltasarini dit Beaujoyeux, qui était de Turin, avait été envoyé à Catherine de Médicis à la tête d'une bande de violons, par le maréchal de Brissac, gouverneur du Piémont, de 1550 à 1559. Ce fut Baltasarini qui composa la musique du fameux ballet comique de la Royne, représenté pour la première fois au Louvre le dimanche 15 octobre 1581, à l'occasion du mariage du duc de Joyeuse avec Marguerite de Vaudemont, sœur de la reine.
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