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Scan 72
La lutherie et les luthiers, 1889
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1faisant plus grande et l’enthousiasme plus vif, il en est résulté cette énorme augmentation de valeur que nous voyons se produire de nos jours.
3La spéculation ne devait pas tarder à profiter de ces circonstances pour transformer en véritable branche commerciale ce qui n’avait été jusqu’alors que l’objet de transactions isolées.
5Vers 1827, un Italien nommé Louis Tarisio, homme sans aucune éducation, espèce de brocanteur ambulant joignant à l’intelligence des affaires une connaissance réelle des vieux instruments, vint à Paris porteur d’une pacotille qu’il écoula vite et avantageusement. Depuis lors, jusqu’à l’époque de sa mort, il n’y eut pas d’année qu’il ne fît son apparition. Il parcourait l’Italie, faisant sa récolte, fouillant tous les coins ; pas un instrument ne lui échappait, et on peut dire que pendant trente années environ de ce trafic il a exporté de son pays tous les instruments disponibles des vieux maîtres.
7Tarisio mourut en octobre 1854. La nouvelle ne tarda pas à arriver à Paris; c’était tout un événement! On apprit qu’il laissait une magnifique collection de vieux instruments, un trésor! Notre grand luthier J.-B. Vuillaume n’hésite pas : il part pour l’Italie le 8 janvier 1855¹, arrive à Novare, se met en rapport avec les héritiers, leur achète, moyennant 80,000 francs comptant, les 250 instruments laissés par le défunt, et revient à Paris avec cette collection, qui ne tarda pas à se disperser de tous les côtés.
9¹. Je tiens tous ces détails de J.-B. Vuillaume lui-même.
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