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Scan 71
La lutherie et les luthiers, 1889
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1il est facile d’en juger par les anciennes violes d’Angleterre, dont nous faisons une estime particulière en France… »
3Il n’est même pas question des violes italiennes, et cependant, lorsque Rousseau écrivait les lignes que nous venons de citer, les luthiers italiens avaient négligé les violes depuis longtemps pour concentrer tous leurs efforts sur le violon et ses congénères.
5Cette ignorance où l’on paraissait être de la supériorité des instruments italiens provenait, sans aucun doute, de la quantité de luthiers étrangers à ce pays qui étaient venus s’y former à l’école des Amati et autres, et qui, revenus dans leur patrie, produisirent assez pour suffire aux besoins de l’époque, tant par le nombre que par la qualité de leurs instruments ; car il ne faut pas oublier que, jusqu’à la fin de la première moitié du xviiiie siècle, l’école n’avait pas encore su tirer du violon tous les effets de sonorité indiqués plus tard par l’expérience. Il importait donc peu à l’exécutant de rencontrer dans son instrument cette plénitude et cette finesse de son exigées ensuite par l’école moderne, et rien ne l’engageait à chercher chez l’étranger ce qu’il avait sous la main et lui suffisait pleinement. Mais lorsqu’on eut entendu résonner sous les doigts des Viotti, Rode, Baillot, Spohr, les violons des maîtres italiens ; lorsque Duport le jeune eut fait entendre les sons admirables qu’il tirait de son fameux violoncelle de A. Stradivari, la différence avec les autres instruments fut tellement évidente, que tous, artistes et amateurs, n’eurent bientôt qu’un but : posséder un vieil instrument italien. Dès lors, la rareté se
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