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Scan 44
La lutherie lorraine et française depuis ses origines jusqu'à nos jours d'après les archives locales, 1912
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1essentielle de la finition de l'instrument qui établit son cachet, sa maîtrise.
3Non moins importante est la composition des vernis.
4Le vernis n'a pour but que de garantir l'instrument contre les intempéries de l'air; mais tout le monde reconnaîtra qu'un violon finement construit, bien coupé, devient forcément commun si le vernis qui le recouvre est laid, épais et forme par son épaisseur un obstacle à la vibration.
5Puisque le vernis est donc indispensable, il importe que la pâte en soit fine, souple et que le dessous en soit d'une teinte dorée afin que l'usure le laisse intact.
6Il ne doit ni se craqueler, ni s'écailler, ni s'enlever sous l'action du frottement, ni être dur; il faut éviter de le laisser pénétrer dans les fibres qu'il énerverait; il doit être au contraire élastique sous la vibration, très transparent. Toutes ces qualités désirées font que l'étude de la composition des vernis a été et est encore le but des recherches de tous les luthiers.
7Certains auteurs pensent que les anciens luthiers italiens trouvaient chez les droguistes leurs vernis tout préparés. Nous ne le croyons pas, pour la raison qu'aucun n'avait la même coloration que l'autre; la nuance différait, ce qui prouverait qu'une manipulation personnelle intervenait chez chaque luthier.
8Notre opinion, basée sur l'expérience et sur l'étude sérieuse de cette question, est que la main personnelle du maître joue le plus grand rôle dans l'application du vernis. En effet, si, comme on le suppose, les luthiers anciens avaient eu la même composition de vernis, celui-ci eût été en tous points semblable sur tous les instruments. L'exemple pour Stradivarius nous paraît probant si nous estimons que le maître n'a pas dû cacher son secret à ses deux fils, Francesco et Omobonus. Or, il est prouvé que ces deux derniers sont loin d'avoir produit des vernis pareils à ceux de leur père et maître, Antonius Stradivarius.
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