Scan 135
La musique en Lorraine: étude rétrospective d'après les archives locales, 1882
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1jettoit des cornets de papier remplis de pois grillés avec du beurre et du sel (le peuple les nomme encore pois depèchis)¹, lesquels, en remplissant la cour, faisoient tomber la plupart des danseurs et occasionnoient des éclats de rire. Sur le soir, les nouveaux mariés alloient en procession (la procession des féche-nattes ou des petits fagots) au milieu de la Ville Neuve², où après avoir fait plusieurs tours en dansant, chacun jettoit son fagot en tas et on en dressoit un bûcher, pendant que la danse se continuoit au son des violons. Vers les sept heures, toute la Cour se rendoit à l’Hôtel de Ville où étoit préparé un magnifique souper, pendant lequel chacun dansoit au son de divers instruments. Après le souper et un feu d’artifice, on mettoit le feu au bûcher, et on tiroit au sort, devant le prince, les Valentins et les Valentines. On les proclamoit sur le balcon de l’Hôtel de Ville, ce qui se répétoit dans toutes les rues. Les jours suivans, les Valentins envoyoient à leurs Valentines de riches présens et de beaux bouquets, avec lesquels elles paroisssoient à la toilette de la duchesse. On allumoit un feu de paille le dimanche suivant, devant la maison de ceux qui avoient manqué à cette attention. Ce qui s’appelloit les brûler. Telle est l’origine des brandons en Lorraine³. »
3Afin de compléter les renseignements sur la musique de Charles IV, voici une pièce qui nous a semblé assez curieuse pour être donnée textuellement :
5« A nostre très cher et féal trésorier général de nos finances, Claude Gennetaire, salut.
7¹. Ce qui signifie épices.
8². Place Mengin actuelle, où se trouvait alors l’hôtel de ville.
9³. Lionnois, Hist. de Nancy, t. Ier, page 54.
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