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Scan 209
Les instruments à archet: les feseurs, les joueurs d'instruments, leur histoire sur le continent européen, vol. 1, 1876
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1instruments, qui ne cessèrent d'avoir la vogue que lorsque le Piano-forte fit son apparition et se substitua à ses aînés¹.
3L'une des plus sages dispositions des règlements de cette corporation était l'obligation, pour le récipiendaire, de faire un chef-d'œuvre, et celle, pour le maître, de toujours signer ses produits : il y avait là des garanties sérieuses qui pesèrent d'un grand poids dans les succès réalisés².
51. Ce fut un Italien, Bartolomeo Christofori, à Florence, en 1711, qui eut le premier l'idée de remplacer le mécanisme du clavecin par l'emploi des marteaux ; il appela l'instrument nouveau « gravicembalo con piano e forte ». En 1716, un facteur de Paris, nommé Marius, inventa un clavecin à maillets ou marteaux ; c'est le système sur lequel fut basée la construction du piano. L'année suivante, Schrater, à Dresde, claveciniste, théoricien distingué, avait aussi conçu l'idée d'un piano et l'avait réalisée. Cette invention n'ayant pas été encouragée lorsqu'elle parut, il y renonça ; mais c'est son système qui a été définitivement adopté depuis, et qui a fixé la partie mécanique du piano actuel. Vers 1730, Godefroid Silbermann, facteur d'orgues à Freyberg, en Saxe, fonda une fabrique importante de pianos à queue, la seule forme usitée alors. En 1758, Frederici, facteur d'orgues à Gera, en Thuringe, est le premier qui fit des pianos carrés. En 1760, en Angleterre, Zumpe, et les frères Silbermann en Allemagne, créèrent de grandes manufactures de pianos. Sébastien Érard et son frère Jean-Baptiste sont les premiers qui, en 1777, ont construit des pianos en France : c'étaient de petits pianos carrés de 5 octaves et à 2 cordes. En 1790, Érard fait les premiers grands pianos carrés, et en 1796 les premiers grands pianos à queue de 5 octaves et demie et à 3 cordes. (A. Méreaux, les Clavecinistes, Paris, 1867, in-fº, page 6.)
72. Les statuts de ces corporations, dont l'origine remonte aux derniers siècles de l'empire romain (Cod. Theod., lib. XIV, tit. 11 De privilegiis) étaient tous inspirés par les mêmes règles. La teneur de l'art. 4 des statuts accordés par la gilde de Saint-Luc aux fiseurs de clavecins d'Anvers, exigeant un chef-d'œuvre pour être reçu à la maîtrise, datait de bien loin : nous la retrouvons dans les statuts accordés à la corporation des éperonniers de la ville de Rouen, le 6 octobre 1358, par le maire Jacques Le Lieur. L'apprenti ne pouvait être reçu maître avant d'avoir livré son chef-d'œuvre tout prest. Il n'est pas jusqu'au mot gilde que nous ne retrouvions en Normandie dès le xme siècle. Dans la charte accordée par Geoffroi Plantagenet, en 1145, aux cordonniers de Rouen, il est dit : … « Geoffroi, duc de Normandie & comte d'Anjou… sachez que j'ai accordé à Guillaume Canut, Robert de Gramefade, Ouin de Fécamp, Vivien de Saint-Ouen, & à tous les compagnons cordonniers & savetiers de Rouen, d'avoir la ghilde
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