Bow & Bridge Violin and bow makers, as the old books printed them

Scan 228

Les instruments à archet: les feseurs, les joueurs d'instruments, leur histoire sur le continent européen, vol. 1, 1876

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1qu’en 1789 est loin d’être sans mérite; ces instruments sont d’une bonne facture et d’un joli aspect. Malheureusement tout cela pèche par la base : la sonorité est mauvaise, et il est très-rare de rencontrer un spécimen de cette époque, satisfaisant à cet égard. Nos luthiers d’alors travaillaient sans principes arrêtés : c’est surtout dans les nombreux défauts d’épaisseurs des tables et dans l’incertitude de la dimension et du dessin des patrons qu’il est facile de s’en apercevoir. Un autre défaut capital se produit dans toute la seconde moitié du xviiiie siècle, le vernis est devenu mauvais. On attribue à Louis Guersan, qui succéda à Boquay vers le milieu du xviiiie siècle, l’introduction en France du vernis à l’alcool pour les instruments : c’était commettre la plus grave de toutes les erreurs¹. Ce vernis, qui offre l’avantage de sécher très-vite, a l’inconvénient de paralyser les vibrations et de nuire à la sonorité; il était déjà usité en Italie parmi les luthiers de la décadence, lorsqu’on commença à s’en servir chez nous.
3Nous n’avons donc produit en France, pendant tout le xviiiie siècle, que des instruments de second ordre; et, jusqu’au moment où Nicolas Lupot vint s’établir à Paris, nous sommes restés dans un état d’infériorité trop réel. Mais lorsque ce dernier commença à travailler sérieusement, une sphère nouvelle s’ouvrit pour nous, et l’époque brillante de la lutherie française s’annonça, pour aller grandissant jusqu’au moment actuel.
5Nicolas Lupot², né en 1758, mort en 1824, vint s’établir à Paris en 1798, et, pendant vingt-six ans, pas un instant ne fut perdu pour l’art. Travailleur assidu, un instrument ne sortait
7¹. Voir ce que nous avons dit sur les vernis, ch. II.
8². Portrait, Pl. XXIV.

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