Bow & Bridge Violin and bow makers, as the old books printed them

Scan 231

Les instruments à archet: les feseurs, les joueurs d'instruments, leur histoire sur le continent européen, vol. 1, 1876

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1CHAPITRE IV.
3jamais de son atelier sans avoir été entièrement fait par lui. C'était un artiste dans toute l'acception du mot : il ne confiait à personne le soin du plus petit détail; aussi reconnaît-on à tout ce qui est sorti de ses mains un air de famille auquel il est impossible de se méprendre. La grande force de Lupot a été sa connaissance très-sérieuse des grands maîtres italiens : Stradivari lui servit de type; il ne pouvait pas en prendre de meilleur. Malheureusement ses instruments, malgré l'habileté de main et le soin avec lesquels ils sont faits, ont un côté faible : le vernis n'est pas réussi comme il aurait pu l'être, surtout pour les violoncelles; il est souvent trop épais et trop lourd¹. Cela n'empêche pas qu'ils n'aient atteint des prix fort élevés; car il est connu aujourd'hui dans le commerce de la lutherie qu'un violon bien conservé de Lupot vaut 1,000 francs, et une basse 2,000 francs.
5Charles-François Gand, élève distingué de Lupot et son gendre, lui succéda en 1824 et continua les bonnes traditions de son beau-père : il a laissé un assez grand nombre d'instruments très-estimés, mais il se distinguait particulièrement par la connaissance approfondie qu'il avait des instruments italiens.
7Autour de Gand vinrent se grouper : Chanot, l'un de nos luthiers les plus habiles; ayant une capacité de premier ordre pour tout ce qui touche à la réparation ou les modifications à apporter aux anciens instruments italiens, qu'il connaît à fond; Bernardel, qui a laissé beaucoup d'instruments bien faits et d'une
9¹. Comme la plupart de nos luthiers modernes, Lupot a utilisé différents vernis. Celui qu'il emploie le plus souvent a pris en vieillissant une apparence croûteuse et craquelée, qui, tout en étant un défaut, n'est pas désagréable à l'œil. Du reste, ce vernis, d'un aspect un peu lourd, ne nuit pas à la sonorité et n'a rien de commun avec le vernis dur à l'alcool employé par les luthiers français de la deuxième moitié du XVIIIe siècle.

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