Scan 100
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1lors il fallait doubler l'épaisseur de la table; mais dans la nécessité de l'employer, on ne doit pas perdre de vue qu'elle n'est qu'un supplément à cette exagération, que la liberté des sons tient à son élasticité, et qu'elle ne se mariera jamais avec le chevalet, tant qu'elle traversera la table sur laquelle il repose. Ce mariage du chevalet avec la barre, voilà le point essentiel. La barre est toujours assez forte quand il règne un accord parfait, indissoluble, entre ces deux conjoints. Parmi une infinité de preuves que j'en pourrais citer, une seule me suffira.
3Il existe dans Paris un certain amateur dont la collection, plus choisie que nombreuse, fait toute la richesse. Des violons, altos, et basses d'Amati, de Gouarnerius, etc., etc., une certaine quantité de grands Stradivarius élus entre mille, sans oublier un vrai Stainer donné en forme de cadeau par Charles IV à un grand d'Espagne, tout son avoir se bornait là, et son ambition était satisfaite, quand arriva dans la capitale le fameux Violon commandé jadis à Stradivarius par le marquis de J***., et qui, ayant été fort mal rebarré en Italie, n'avait pour toute recommandation que sa beauté inouïe, incomparable. Ce n'est pas une curiosité, c'est une magnificence; ni une chose rare, mais unique; c'est dans son genre le tableau de la transfiguration. Pour un
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