Scan 109
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1du ton et du corps; que le vernis soit léger, pellucide, volatil; qu'il s'étende sans poisser, qu'il couvre sans charger, qu'entre lui et l'objet, l'œil voie, pour ainsi dire, le jour. Ne le faites pas trop dur, car alors il s'écaillerait, il se grésillerait; le bois serait trop à l'air, le liquide nuirait au solide, et vous n'auriez pas le degré complet d'ébranlement nécessaire au jeu de toutes les parties; ne le faites pas non plus trop flasque et trop mou, autrement il ne sécherait jamais. Une première couche empêcherait l'expansion d'une seconde, et cette pesante glu engraisserait les sons en les alourdissant. Au lieu d'être ronflants et vifs, ce qui est essentiel, principalement dans un Violon, ils seraient enroués, cotonneux, et se rapprocheraient du sombre de l'alto.
3J'en ai la preuve acquise. Dernièrement il tomba dans les mains de l'auteur de ces principes un Violon, très-sain d'ailleurs et traité en perfection, promettant, à le voir, un son magnifique, et mentant à sa promesse: il était enduit d'un vernis très-épais et très-gras; son tempérament était robuste, mais sa respiration était comme étouffée par ce malheureux catarrhe. Le propriétaire, déconcerté, ne se doutait pas de la cause qui empêchait la libre entrée de l'air, ou qui le suffoquait à sa sortie. Le luthier se serait bien gardé de l'éclairer sur ce point, soit pour
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