Scan 123
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1gnificence ses éblouissantes et innombrables richesses dans l'immensité de l'espace, comme pour forcer mes regards; ma fenêtre s'ouvre; je salue, je contemple les cieux. Pour me distraire d'une extase qui accable mes pensées, tout à coup un radieux Stainer me tombe dans la main; le son s'élance et vole vers les astres qui brillent; j'imagine qu'ils m'entendent, et je suis fier d'avoir pour auditeurs, jusque dans l'infini, ces millions de mondes suspendus sur ma tête; tant a d'empire sur moi l'irrésistible magie d'un instrument enchanteur et céleste qui inspire à mon âme éperdue un si vif enthousiasme!
3Cependant il faut en convenir, les hommes différent de goût comme de sentiment, et cette opposition ne prouve pas toujours que chacun n'a pas pour soi là vérité. Mais ici, où pour l'ordinaire les termes de comparaison manquent, il n'y a au fond ni diversité, ni opposition, pas même de jugement. Tout se borne à des paroles vagues qui ne portent sur rien. Tel vous dira tout net qu'il n'y a point de Stainer; comme si les instruments précieux marqués à son cachet étaient tombés du ciel, et sortis tout armés, ainsi que Minerve, du cerveau de Jupiter. Tel autre critique les Stainer, qui, en violons allemands, ne vit jamais que des tyrols, et qui, blasphémant ce qu'il ignore, confond avec eux un tas de pi-
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