Scan 124
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1teuses ébauches qui n’en sont pas même des copies. Plus les modèles sont rares, plus les contrefaçons pullulent. Elles inondent par torrent les cabinets, les boutiques et les rues. Vous n’y trouvez ni le style de l’auteur, ni sa tournure, ni son coloris, ni sa qualité, ni même son étiquette (1). Les luthiers, surtout dans Paris, les vendent consciencieusement pour ce qu’elles sont ; mais en revanche combien de colporteurs ubiquistes les accaparent à vil prix, bâtissent des généalogies imposantes à chacune de ces croûtes, dont ils ont grand soin de varier le blason, en glissent impunément de droite et de gauche sous le manteau commode de l’anonyme, vous font payer bien cher de prétendues occasions, en soutirant avec votre or vos actions de grâces pour la préférence. Et ne sait-on pas que dans un siècle où l’on voit tant de fripons sans aveu, tant de dupes sans connaissances, les honnêtes fripiers en fait de vieux violons sont encore plus rares que les Stainer ?
3Antoine Stradivarius. A ce nom auguste et vénérable, je m’incline profondément devant le patriarche des luthiers. La perfection, ou plutôt sa monotonie, est précisément le cachet du grand
5(1) V., à la fin du volume, les Étiquettes des Maîtres des diverses Écoles.
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