Scan 125
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1homme. Personne au monde ne l’a portée aussi haut et aussi loin que ce modèle des modèles, pas même Stainer. Celui-ci a excellé dans toutes les parties ensemble; et la moindre restriction à son éloge, pour peu qu’elle fût grave, serait un outrage à sa mémoire; ce qu’on ne dira jamais des artistes les plus célèbres dans les sciences même les plus relevées. Tant qu’il fut disciple des Amati, il égala ses maîtres, si plutôt il ne les surpassa, et les défauts qu’il fut contraint de copier dans son apprentissage, appartiennent tous aux pédagogues qui crurent tout bonnement lui donner des leçons. Élève de la nature plus encore que le leur, et né luthier comme d’autres naissent poètes, il était dispensé de le devenir. A peine put-il être lui-même, c’est-à-dire, vers 1700, qu’il réforma ou fit son éducation: son style est à lui seul. Persuadé que le violon est trop noble pour se mettre aux gages et recevoir le ton d’un instrument roturier; assez sublime pour le donner à tous les autres s’ils pouvaient y atteindre, il chercha quel pourrait être sous tous les rapports le plus parfait modèle, et le trouva dans son génie. Ses profondes combinaisons se retracent sensiblement dans chacun de ses chefs-d’œuvre. Il vérifia le poids de l’air. agrandit ses modèles sans les exagérer, raisonna ses voûtes, calcula ses épaisseurs, de manière à obtenir des
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