Scan 126
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1sons larges, égaux, harmonieux; mit tout en équilibre, divisa l'ensemble, et fixa l'unité. Soit qu'il enflât, soit qu'il aplatît ses voûtes, il sut se garantir des excès et ployer ses sons à toutes les nuances. Ses épaisseurs, mathématiquement réduites, sont très-fortes au centre du fond, et plus minces dans les flancs, égales comme un ruban dans toute la table, à l'instar des flancs du fond. Par là tout est bien, tout est pour le mieux; c'est l'optimisme du genre. Mis en mouvement par l'archet, le violon aspire et respire l'air avec régularité. Cet air, qui se balance avec précision, est renvoyé sans secousses, pour faire place à un autre, qui oscille ou ondule de même. La tension des cordes est égale et ne fatigue point le chevalet, qui ne perd pas un instant son assiette: cette égalité de l'air et des cordes se reproduit sur les sons. Rien n'est gêné, rien ne déborde, tout est à sa place, et, dans le haut comme dans le bas, les quatre cordes semblent n'en faire qu'une seule.
3Voilà l'effet des combinaisons exactes. Laissez tomber perpendiculairement et en douceur, dans une eau dormante, une pierre irrégulière par sa conformation; le vice se perpétue et s'étend sur la surface du liquide agité. Recommencez l'expérience avec une boule parfaitement ronde, comme celle d'un billard, vous verrez une foule de cer-
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