Scan 136
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1jamais bien mérité que d’eux seuls; d’autres, quoiqu’en petit nombre, ont pu jouir avec délices du fruit de ses travaux. De sa fabrique sont sortis, de loin en loin, des violons pleins d’éclat et de force, dignes de rivaliser avec ceux de son maître. La fantaisie de se rapprocher des règles est alors venue le distraire de la mauvaise méthode de son invention; mais sa conversion n’était pas sincère. La fureur d’innover et l’orgueil de faire secte ont rendu bien rares cette réminiscence des principes et cet heureux oubli de lui-même. Il serait à souhaiter, pour la gloire de l’art et la sienne, qu’il eût eu plus souvent des absences ou une bonne fois des remords.
3Après avoir signalé séparément deux auteurs originaux, subalternes, dont la manière, diamétralement opposée, offre le contraste piquant de tous les extrêmes, et qui ont excellé, l’un dans le genre brillant, l’autre dans le genre terne, je laisse au lecteur le soin de les confronter, d’après les indications que j’ai données de chacun d’eux; puis il voudra bien deviner de quel côté le cœur me porterait, si, pour mes menus plaisirs, on m’offrait le choix d’un Joseph ou d’un Pierre. Mais je présume qu’à ma place; la très-grande majorité se prononcerait tout d’un coup pour Joseph, parce qu’en général on aime mieux rire
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