Scan 137
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1que pleurer, et que d'ailleurs il y a toujours du remède à l'excès, et rarement au défaut.
3Au lieu de me donner l'option, si l'on me faisait cadeau de la paire, je remercierais doublement le bienfaiteur généreux qui m'épargnerait si adroitement l'embarras de me décider; puis, sans prendre la peine inutile d'essayer les instruments, comme s'il était besoin de les faire sonner pour savoir ce qu'ils sont, je détablerais à l'instant l'un et l'autre, et les soumettrais à un traitement aussi opposé que le sont entre elles leurs constitutions: D'abord je débarrerais Joseph, à l'effet de l'amincir; et, sûr d'être obéi, j'ordonnerais au rabot de me créer des basses. Les deux parties centrales de la table et du fond étant juste au vrai point, seraient scrupuleusement respectées; mais en revanche j'attaquerais sans pitié les huit flancs, pour les réduire tous à l'épaisseur exacte du centre de la table. Par là, je faciliterais l'ébranlement de la machine en substituant l'air qui manque au bois qui est de trop, et en forçant la totalité des sons à tirer sur le grave. Sous le nom de Gouarnerius j'aurais un Stradivarius, et, selon moi, le disciple, identifié de la sorte avec son maître, gagnerait cent pour cent. S'il en résultait un soupçon de verdeur dans la qualité intrinsèque des sons, quelques mois d'un constant exer-
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