Bow & Bridge Violin and bow makers, as the old books printed them

Scan 148

Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869

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1son état de la musique, quand je le vois si effroyablement monté! Plus il demande à ce cadavre, moins il reçoit de réponse; tout lui résiste en proportion de ses efforts; il se dépite, il enrage; il meurt à chaque note, il maudit cent fois le jour, et jette loin de lui l'instrument de son supplice, qu'hélas! une triste nécessité le forcera trop souvent de reprendre. Quel dommage! il avait tant de goût, il annonçait de si heureuses dispositions, il serait devenu peut-être un très-habile concertiste; mais le tourment de l'étude lui a fait trop souvent tomber de la main une arme meurtrière; et faute d'avoir jamais eu un vrai violon, à grand'peine parviendra-t-il un jour à n'être qu'un mince orchestrer.
3Mais, dit-on quelquefois, la bonté d'un outil dépend de la main qui s'en sert. Oui, comme la bonté d'un remède dépend du médecin qui l'ordonne, de l'apothicaire qui le débite, ou du malade qui le prend. Si votre principe est vrai, que n'employez-vous aussi des ficelles en guise de cordes, et un bâton à nœuds en guise d'archet? Quant à moi, je n'en connais pas de plus faux dans sa généralité. Cet outil dont, selon vous, la main fait tout le prix, a sans doute des défauts qu'avec un peu d'adresse il est facile de dérober ou de couvrir; mais encore doit-il avoir les qualités propres à l'usage auquel on le destine. S'il a un vice radical de

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