Scan 149
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1construction, s'il n'est pas même l'effigie de la chose qu'il doit être par nature, comment en jouir, et à quoi peut-il être bon? Ne confondons pas les objets: il y a dans le son quelque chose de réel et d'absolu qui tient à plusieurs causes; c'est au luthier à le créer, c'est à l'instrument à le rendre, et c'est au joueur à l'extraire. Or certainement on n'extrait pas l'huile d'un acide ou d'un corrosif, comme Samson le miel de la gueule du lion; ni d'un violon rauque, sourd, ou criard, des sons purs, veloutés, argentins. Ne soyons pas si exigeants envers les musiciens qui se prêtent à nous charmer. Artisans de nos plaisirs, c'est bien assez qu'ils nous consacrent leurs talents, dispensons-les de faire des miracles; et que devons-nous donc penser de ces outils à sons piaillards, si, pour leur donner une valeur factice, momentanée, intransmissible, il ne suffit pas d'être virtuose, et qu'il faille encore être thaumaturge? Voilà cependant à quoi nous réduisent, avec leurs prétendus violons, ces raboteurs ineptes, qui se mêlent de faire un état dont ils n'ont pas la plus légère notice, et auquel ils n'appartiennent que par des patentes. Avaïs-je donc tort de poser en principe qu'un vrai luthier doit connaître son art, raisonner sa main-d'œuvre, mûrir ses productions, châtier sévèrement chacun de ses ouvrages, et ne les produire au grand jour
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