Scan 162
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1Jadis la mode était de tenir les manches fort en avant, les chevalets, les touches extrêmement bas, les cordes fines, et le ton modéré. Alors la barre, ce mal nécessaire dans l’instrument, devait être courte et mince, parce qu’il lui suffisait d’avoir assez de vigueur pour résister au poids de cinq à six livres, dont elle été chargée par les cordes ; mais depuis que la musique, en se perfectionnant, a mis un impôt sur la lutherie ; depuis que le renversement du manche, l’exhaussement du chevalet, de la touche et du ton, obligent à augmenter d’un grand tiers la force résistante ; les réparateurs n’ont que l’alternative de corroborer l’ancienne barre, ou d’en substituer une nouvelle ; et le faible des amateurs pour cette petite langue de bois ne saurait impunément dérober leurs originaux à l’une ou l’autre de ces deux opérations. Or, entre ces deux partis, il n’y a point à balancer ; et si le premier est possible, point de doute qu’à tous égards il ne soit infiniment préférable.
3Quand on marchande un antique, on tient singulièrement à la barre d’auteur, on l’apprécie en conséquence, et on a raison. Moins un violon a été manié, plus il est vierge ; moins il y a de pièces étrangères rapportées à l’original, plus il reste d’espace à l’espérance. C’est en ce sens-là seule-
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