Scan 163
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1ment que la barre d’auteur est vraiment précieuse ; mais, après l’acquisition, on persiste à y tenir, on s’obstine à la garder telle qu’elle est, et on a tort. L’équilibre rompu veut être rétabli ; la qualité altérée par la disproportion veut être renaturalisée ; avec moins de solidité, il y a moins de voix ; et je trouve autant d’enfantillage que de duperie à mettre une si grande importance à une originalité très-menue et purement extrinsèque, qu’à notre place, et malgré les inspirations de l’amour-propre, les anciens eux-mêmes eussent sacrifiée, sans regret, pour l’honneur des principes.
3Je me trompe. Ils se fussent bien gardés de faire le moindre sacrifice. Contents d’ajouter ce qui manque à la barre, ils l’eussent enchâssée très-précieusement dans des bois homogènes. Au lieu de la supprimer et de la remplacer, ils se fussent bornés à l’allonger et à l’épaissir au degré convenable. Après un si long service et une union intime cimentée par les siècles, elle a plus besoin d’aide que de réforme. Une sorte de reconnaissance engage à lui continuer son emploi, et l’âpreté du son serait la juste peine de cette espèce d’ingratitude. Ce demi-rebarrage n’a rien d’ailleurs de dangereux. Il consolide la table sans la roidir, et l’affermit d’autant plus, qu’il résulte de
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