Scan 182
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1rable. Le son est exact, mais pâteux; vous jouez sur le coton, et le brillant des autres cordes absorbe le sol et l'engloutit. Si vous exagérez le filagramme, autres inconvénients encore pires; le bourdon se tait, l'archet ne mord pas, le son chaudronne, le démanché est impraticable, et vous n'avez plus qu'un trichordon; encore est-il dégradé. Ajoutez à tout cela que ces cordes exotiques sortent de la proportion de deux en deux livres, qui est requise pour la parfaite égalité; que d'ailleurs elles se défilent, se cassent, et se faussent en vieillissant.
3La quatrième de nouvelle composition est exempte de tous ces défauts. Le fabricant l'a travaillée dans son genre, comme la travaillent aujourd'hui dans le leur les musiciens, qui la tiennent perpétuellement en exercice. C'est aussi sa corde favorite. Il l'a cherchée longtemps avant de la trouver. Elle n'a ni roideur, ni mollesse; elle est de prime abord, et pour toujours, parfaitement juste; parle franc et net sur toute sa longueur, dans les notes même les plus ingrates; se maintient dans les vraies proportions, ne se défile jamais, et joint en quelque sorte au brillant d'une voix pure le privilège de l'infran- gibilité. Avec elle ce n'est plus du tout le même violon, tant la différence est énorme, soit pour l'éclat, soit pour la force. Le boyau, en se ma-
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